Le 19 décembre 2024, l’Agence gabonaise de sécurité alimentaire (Agasa) a autorisé la réouverture partielle des activités de Foberd Gabon, entreprise agroalimentaire précédemment fermée pour des manquements sanitaires. Cette décision, survenant après seulement quinze jours d’enquête, a suscité l’étonnement et l’indignation de nombreux internautes et organisations de la société civile.
Pour rappel, les établissements de Foberd Gabon avaient été scellés suite à la découverte, par l’Agasa, de produits impropres à la consommation, certains étant périmés ou utilisés dans des conditions non conformes aux normes sanitaires en vigueur. Les inspecteurs avaient relevé des infractions telles que l’absence d’autorisation préalable à la commercialisation de certains produits et des dates de péremption dépassées.
La levée rapide des mesures conservatoires a été perçue par beaucoup comme précipitée. Sur les réseaux sociaux, des voix se sont élevées pour dénoncer ce qu’elles considèrent comme un « cirque » ou une décision « pathétique« . L’Organisation nationale des consommateurs (ONELT) a exprimé sa profonde indignation, s’interrogeant sur la clémence accordée à une entreprise accusée de mettre en danger la santé publique. Dans un communiqué publié sur sa page Facebook, l’ONELT a déclaré : « Cette décision du gouvernement gabonais surprend les responsables de l’ONELT qui se disent extrêmement indignés. Ils ne comprennent pas comment une entreprise, camerounaise soit-elle, prise en flagrant délit d’empoisonnement de masse, peut être traitée avec autant d’égards après ce qui lui est reproché. »
Face à la controverse, l’Agasa a précisé que la levée des sanctions était partielle et conditionnée à la destruction des produits jugés impropres à la consommation. L’agence a également assuré que les enquêtes se poursuivaient afin de garantir la sécurité des consommateurs. Cependant, ces assurances n’ont pas suffi à apaiser les inquiétudes. La nomination de Jean Delors Biyogue Bi Ntougou, ancien président du conseil d’administration de l’Agasa, au poste de directeur général en remplacement d’Anatole Kabounou Onkoni, limogé, a renforcé les suspicions quant à la transparence et à l’indépendance de l’agence. rappelle info241.
La rapidité avec laquelle Foberd Gabon a été autorisée à procéder à la réouverture de ses activités soulève des questions sur l’efficacité des mécanismes de contrôle sanitaire et sur les pressions potentielles exercées par des intérêts économiques ou diplomatiques. Certains observateurs évoquent des tensions diplomatiques entre le Gabon et le Cameroun, pays d’origine de l’entreprise, qui auraient pu influencer la gestion de cette crise.
En attendant des éclaircissements, les consommateurs gabonais demeurent méfiants quant à la qualité des produits de Foberd Gabon. Les autorités sont appelées à renforcer les contrôles et à faire preuve de transparence pour restaurer la confiance du public en matière de sécurité alimentaire.


























