Zeine Zeidane n’a pas attendu pour sonner l’alarme. Nommé directeur du département Afrique du Fonds monétaire international (FMI) le 1er mai 2026, le Mauritanien a tenu son premier point de presse avec une clarté désarmante. Le conflit au Moyen-Orient n’est plus une menace lointaine pour l’Afrique subsaharienne. Il frappe déjà. Dès lors, ses 45 pays sous supervision directe du FMI naviguent dans des eaux agitées par une tempête qu’ils n’ont pas provoquée.
Des chaînes d’approvisionnement brisées, des engrais en péril
Le Moyen-Orient n’est pas seulement un théâtre de guerre. C’est aussi le grenier à engrais de l’Afrique. Or, les perturbations dans les chaînes d’approvisionnement menacent directement la sécurité alimentaire du continent. Zeidane met en garde contre des effets durables qui «pourraient s’étendre sur plusieurs mois». Ce n’est pas une prédiction abstraite. C’est une mèche allumée sous des économies déjà fragiles. Moins d’engrais, c’est moins de récoltes. Moins de récoltes, c’est plus de faim. La mécanique est implacable.
Le FMI accélère ses financements pour amortir le choc
Face à cette onde de choc, le FMI n’est pas resté spectateur. Plusieurs accords ont été conclus pour renforcer les financements des pays les plus vulnérables. Le Burkina Faso, la Gambie et São Tomé-et-Príncipe figurent parmi les premiers bénéficiaires. Par ailleurs, pour l’Éthiopie, déjà engagée dans un vaste programme avec le Fonds, environ 200 millions de dollars de financements supplémentaires ont été accélérés. Zeidane l’affirme : sa priorité immédiate est d’«aider la région à absorber ce choc extérieur». En somme, le FMI joue le rôle d’amortisseur entre la tempête mondiale et les économies africaines.
Un optimisme lucide pour une région résiliente
Malgré ces turbulences, Zeine Zeidane refuse le catastrophisme. Il rappelle que l’Afrique subsaharienne «figurait déjà parmi les zones les plus dynamiques avant cette crise». Croissance soutenue, consolidation budgétaire en cours : les fondations tenaient avant la tempête. Toutefois, cette résilience n’est pas une armure. Elle exige d’être protégée par des financements rapides et ciblés. C’est précisément ce que le FMI tente d’accomplir sous la direction de son nouveau responsable.
Zeidane, un profil de terrain pour un défi continental
Ancien ministre et ex-gouverneur de la banque centrale de Mauritanie, Zeine Zeidane a rejoint le FMI en 2012. Il succède à Abebe Aemro Selassie, parti à la retraite en mai. Son profil hybride — technocrate et homme de terrain — correspond à l’ampleur du défi. Finalement, diriger le département Afrique du FMI en 2026, c’est piloter un navire continental dans une mer d’incertitudes mondiales. Zeidane semble en avoir pris la mesure dès son premier jour de prise de parole publique.












































