Après l’euphorie de la chute du régime d’Ali Bongo Ondimba le 30 août dernier, orchestrée par le Comité pour la restauration des institutions (CTRI) dirigé par le général président, Brice Oligui Nguema, la réalité de la gestion économique du Gabon est tombée comme un couperet. En seulement six mois, la dette publique du Gabon a explosé, selon le Fonds monétaire international (FMI).
Le dernier rapport du FMI, publié en mai 2024 au titre de l’article IV avec le Gabon, dévoile une vérité accablante : la dette du Gabon a littéralement bondi comme un cheval fou, atteignant désormais 70,5 % du PIB, dépassant largement les normes de la Cemac.
« Les déséquilibres budgétaires se sont considérablement aggravés : les déficits non pétroliers importants de 2022-2023 ont conduit à une accumulation rapide d’arriérés. Ils ont porté la dette publique à environ 70½ % du PIB, au-dessus du plafond de la Cemac, et ont pesé sur l’accumulation des réserves », avertit le FMI dans son rapport.
La dette du Gabon pourrait surpasser les 8000 milliards de francs en 2024, suscitant les inquiétudes des institutions de Bretton Woods. Un cadre de l’institution qualifie déjà le Gabon de « pays surendetté ».
Pour le FMI, il est impératif que le gouvernement prenne des mesures drastiques pour éviter une dégradation supplémentaire des déséquilibres budgétaires.
« S’ils ne sont pas corrigés, les déséquilibres budgétaires créeront des risques de liquidité à court terme et des risques de viabilité de la dette à long terme, pouvant déstabiliser les perspectives macroéconomiques. Les perspectives économiques dépendront donc de la capacité des autorités à faire face à ces risques, à corriger la position budgétaire et à progresser sur les réformes relatives à la transparence et à la diversification », souligne le Fonds.
La visite de deux jours du Directeur Afrique du FMI, Abebe Aemro Selassie, au Gabon, devrait permettre au Chef de l’État, Brice-Clotaire Oligui Nguéma, d’obtenir une vision exhaustive de la réalité économique actuelle du pays.
Après les arrangements douteux et la dilapidation de l’argent public pour satisfaire amis, parents et autres affidés, il est temps pour le général président de comprendre qu’un pays ne se gère pas comme une épicerie familiale. La gestion désastreuse a conduit la dette du Gabon à exploser en six mois seulement, comme l’a pointé du doigt le FMI.


























