L’audience consacrée au naufrage de l’Esther Miracle, survenu dans la nuit du 8 au 9 mars 2023, a été brutalement interrompue ce 26 février 2026, après le départ collectif des avocats. Ce procès, attendu comme un moment de vérité pour les familles endeuillées, illustre les difficultés d’un système judiciaire confronté à une tragédie nationale.
Une trentaine de survivants ont livré des récits saisissants. Retards au départ, instabilité du navire, pannes mécaniques, consignes contradictoires : autant de signaux ignorés qui ont précipité le drame. Les passagers décrivent une explosion dans la soute à moteurs, suivie d’une prise d’eau rapide. Certains ont dû briser des vitres pour s’échapper, tandis que d’autres perdaient plusieurs proches dans le chaos. Ces témoignages mettent en lumière des carences graves en matière de sécurité maritime et une gestion de crise quasi inexistante.
À la barre, les représentants de la Marine marchande et de la société Royal Cost marine Sarl devaient répondre des accusations. Mais l’incident d’audience, dont les raisons exactes restent floues, a suspendu le processus. Cette rupture interroge : comment garantir un procès équitable et transparent, quand les acteurs judiciaires eux-mêmes quittent la salle ?
Pour les familles des victimes, cette suspension est une nouvelle épreuve. Trois ans après le naufrage, elles réclament des réponses claires et des sanctions exemplaires. L’affaire révèle les failles d’un secteur maritime où la régulation et la surveillance semblent insuffisantes. Elle pose aussi la question de la capacité de l’État à protéger ses citoyens et à rendre justice dans des délais raisonnables.











































