Pascal Kodjo Houangni Ambouroué a été élu ce 9 novembre 2025 maire de Port-Gentil, la capitale économique du Gabon, à l’issue d’un scrutin qui a confirmé son ancrage au sein de l’Union démocratique des Bâtisseurs (UDB), après son départ du Parti démocratique gabonais. À cinquante ans passés, l’homme, rompu aux arcanes de la haute administration et aux exigences du secteur privé, s’apprête désormais à déplacer son expertise du national vers le local, comme un capitaine qui troque l’immensité de l’océan pour les courants plus précis d’un estuaire exigeant.
Né en 1975, Pascal Kodjo Houangni Ambouroué porte plus d’une décennie d’expérience dans les systèmes d’information boursiers et le conseil en risk management, des domaines où chaque décision est un funambule avançant sur un fil tendu. Directeur général de la BVMAC, il a aussi fait ses preuves au sommet de l’État, tour à tour ministre du Pétrole et du Gaz, de la Communication, du Tourisme puis de la Pêche. Autant de portefeuilles qui l’ont forgé comme un métal rare, trempé dans les fournaises successives de la vie publique.
Aujourd’hui, c’est à Port-Gentil, deuxième ville du pays, qu’il devra désormais déployer cet arsenal de compétences. La cité pétrolière, longtemps moteur de la croissance gabonaise, attend de son nouveau maire non pas des promesses en papier doré, mais une véritable architecture du changement. Car si Pascal Kodjo Houangni Ambouroué jouit d’une image positive auprès des Port-gentillais — image qui, telle une longue houle, n’a jamais reflué même sous l’ancien régime — la popularité demeure un parfum volatil : agréable, mais prompt à s’évaporer si l’action ne suit pas.
Les habitants, épuisés par les chantiers inachevés, les routes cabossées et les services municipaux en dents de scie, espèrent enfin voir leur ville sortir de la léthargie comme un navire qui, après de longues années d’immobilisme, retrouve le souffle du vent. Le nouveau maire, présenté par certains comme un technocrate à la rigueur millimétrée, devra prouver que l’efficacité peut aussi rimer avec proximité.
À présent, Pascal Kodjo Houangni Ambouroué se tient « au pied du mur », selon l’adage. Et ce mur n’est rien d’autre que la vaste maison Port-Gentil : une demeure aux fondations éprouvées, mais dont les murs réclament un maître d’œuvre capable de bâtir, pierre après pierre, la confiance renouvelée d’un peuple en attente de renouveau.


























