Libreville, Gabon Les récentes élections législatives du 27 septembre 2025 ont été ternies par une pratique choquante, qui jette une ombre sur le processus démocratique et soulève de vives inquiétudes quant à l’équité du scrutin. Le déplacement massif de personnes depuis la capitale, Libreville, vers les provinces pour aller voter constitue une dérive grave qui ne répond en rien aux attentes d’une démocratie authentique.
Ces électeurs « déplacés » des législatives et locales 2025, arrachés à leur environnement et transportés dans des conditions indignes, s’apparentant à celles du bétail, pour une somme dérisoire de 10 000 FCFA, posent une question fondamentale : peuvent-ils réellement comprendre et représenter les préoccupations spécifiques des populations autochtones de ces provinces ?
Cette manœuvre, orchestrée par certains candidats surtout aux législatives 2025, vise clairement à manipuler les résultats en injectant une masse d’électeurs dont la connaissance des réalités locales est plus que douteuse. Il est incompréhensible que des individus, souvent peu familiers avec les enjeux propres aux zones rurales ou aux communautés autochtones, viennent dicter le choix de ceux qui sont directement concernés par ces problématiques au quotidien.
L’intégrité du vote est ainsi compromise, car elle ne reflète plus la volonté réelle des citoyens résidant dans ces circonscriptions.
Au-delà de la question de la légitimité de ces votes, les conditions de transport de ces personnes constituent une insulte à la dignité humaine. Les décrire comme étant « transportées comme du bétail » n’est pas une exagération, mais le reflet d’une réalité déshumanisante où les individus sont réduits à de simples pions sur un échiquier électoral. Cette pratique, en plus d’être moralement répréhensible, est une violation flagrante des principes démocratiques qui exigent un vote libre, éclairé et représentatif.
Il est impératif que les autorités compétentes, notamment la Cour constitutionnelle, se penchent sérieusement sur ces irrégularités. Un examen approfondi des conditions dans lesquelles ces déplacements ont été organisés et des votes qui en résultent est nécessaire pour garantir la crédibilité du processus électoral. Ignorer ces faits reviendrait à cautionner une forme de corruption électorale qui mine les fondements mêmes de notre démocratie.
Ce cri d’alerte doit être entendu pour que de telles pratiques ne se reproduisent plus et que les élections futures soient le reflet fidèle de la volonté populaire, dans le respect de chaque citoyen. La démocratie exige le respect de chaque voix, pas leur manipulation.
Yann Yorick Manfoumbi

























