Le scrutin du 27 septembre 2025, censé marquer une étape décisive dans la consolidation démocratique du Gabon, est aujourd’hui au cœur d’une vive controverse. L’Autorité de contrôle des élections et du référendum (ACER), tout en saluant l’organisation générale du processus, dénonce de graves dysfonctionnements qui entachent la régularité du vote.
Parmi les irrégularités relevées : distribution tardive des cartes d’électeurs, absence d’isoloirs conformes, procurations irrégulières, retards d’ouverture des bureaux, propagande sur les lieux de vote, actes de vandalisme, et incidents violents impliquant certains candidats. Ces dérives, observées dans plusieurs provinces et à l’étranger, compromettent la transparence du scrutin et nourrissent les soupçons de manipulation.
Face à cette situation, l’ACER recommande l’annulation et la reprise du vote dans les bureaux concernés, notamment à Ntoum, Lékoni-Lékori, Douigny, Dienga, Pahon Pira, Ongo’o, Meyo, ainsi qu’au bureau de Rennes (France). Elle demande également à la CNOCER de corriger les erreurs matérielles dans les résultats proclamés, en particulier dans le 2e arrondissement d’Akanda.
Mais au-delà des recommandations techniques, c’est la volonté politique de faire respecter les règles qui est mise à l’épreuve. L’ACER exige des sanctions exemplaires contre les auteurs de perturbations et les responsables de procurations frauduleuses, conformément au Code électoral qui prévoit des amendes allant jusqu’à 5 millions de Fcfa et des peines de prison pouvant atteindre cinq ans.
Ce rapport soulève une question essentielle : le Gabon est-il prêt à rompre avec les pratiques électorales opaques du passé ? Si les recommandations de l’ACER ne sont pas suivies d’effets concrets, la crédibilité du scrutin et la légitimité des élus seront durablement fragilisées. Il est impératif que les autorités traduisent ces constats en actes, pour restaurer la confiance des citoyens et affirmer l’indépendance des institutions. La démocratie ne se décrète pas, elle se prouve par des véritables actes. Les actes comme les emprisonnements, le paiement de certaines amandes pourraient faire réfléchir à deux fois pour les futures joutes électorales.


























