Plusieurs voix s’élèvent dans les milieux politiques et ceux de la société civile contre l’organisation des élections 2023 au Gabon. Certains appellent à un report des élections 2023 tandis que d’autres comme les Souverainistes-Ecologistes prônent pour une transition politique autour du leader de la Coalition pour la nouvelle République (CNR), Jean Ping.
Lundi dernier, le président du parti les Souverainistes-Ecologistes, Francis Hubert Aubame a fait une déclaration appelant les « forces vives de la nation et la communauté internationale à soutenir » l’idée d’une transition politique pacifique « autour de Jean Ping».
Cette sortie du parti Les Souverainistes-Ecologistes pour une transition pacifique au Gabon est en phase avec la sortie d’autres acteurs politiques, notamment Laurent Angue Mezui, le président du Rassemblement pour le Gabon (RPG), le responsable général du mouvement NewPower, Privat Ngomo, l’Alliance pour le changement et le renouveau (ACR) de Bruno Ben Moubamba, le consortium de la société civile pour la transparence électorale et la démocratie (Coted) du révérend Georges Bruno Ngoussi et bien d’autres.
En effet, dans un communiqué diffusé sur les réseaux sociaux, l’ancien ministre de la justice du « Gouvernement alternatif » d’André Mba Obame et actuel soutien farouche de Jean Ping a rappelé dans son propos la réalité politique du pays en s’appuyant sur le modus operandi devenu légendaire du parti au pouvoir de Libreville : « une norme installée par le pouvoir Bongo-PDG» , et représentant pour lui déjà une « mascarade électorale qui plus qu’auparavant, engage gravement l’avenir de la Nation Gabonaise ».
Le président Les Souverainistes-Ecologistes, Francis Hubert Aubame estimé que rien n’est fait pour des élections apaisées : listes électorales contestables et des commissions électorales plus que critiquables; le trucage et la manipulation des résultats sortis des urnes avec la complicité des institutions en charge des élections; contestations par l’opposition des résultats en faveur du pouvoir; répressions féroces de forces armées au service du pouvoir avec tueries de citoyens non-armées; puis négociations à l’initiative du pouvoir et de ses amis de tous bords, et enfin partage de postes.
Au regard de ce tableau sombre de la situation politique, l’opposant a voulu rappeler au plus naïfs qui croient exercer le pouvoir par la victoire dans les urnes que « ce pouvoir n’organise pas les élections pour les perdre, peu importe les résultats, il va s’assurer de son maintien ». Cette réalité n’a pas permis à l’opposition d’accéder au pouvoir. De Paul Mba Abessole en 1993 à Jean Ping en 2016 en passant par Pierre Mamboundou en 1998 et d’André Mba Obame en 2009. Toutes ces personnalités en faveur de qui « les urnes ont résonné », a affirmé Francis Aubame.
Pour l’opposant, le bilan catastrophique des 14 ans d’Ali Bongo à la tête du Gabon avec plus de 30 000 milliards de FCFA de budget fonctionnel pour 13 réalisations sur 105 , s’appuyant sur l’étude d’Harold Leckat et Mays Mouissi, devrait pousser le locataire du palais du bord de mer à se retirer.
Outre ces récriminations, le Gabon serait pris en otage par les Gabonais d’adoption qui occupent ses terres, ses forêts et sa mer.
« Au regard de tout ce qui précède, le Parti Souverainistes-Ecologistes appelle à la mise à plat des institutions et à une ouverture sans délai d’une transition pacifique pour recréer le lien de notre vivre ensemble, pour construire une nouvelle république édifiée sur le fondement du plus grand consensus possible des gabonaises et des gabonais », a déclaré Francis Aubame.
Face à toutes ces nombreuses sorties appelant à une transition pacifique au Gabon, le premier ministre Alain Claude Bilie-By-Nze a déclaré qu’ « Aucun report des élections ne saurait être envisagé, encore moins une transition », après son conseil de cabinet tenu lundi.


























