Ce vendredi 24 mai 2024 au ministère de la Réforme des institutions, les visages exprimaient la déception et la colère alors que les journalistes et techniciens du Dialogue national inclusif d’Angondjé recevaient leurs titres de paiement pour récupérer les perdiems au Trésor public. La presse, invitée par le président Oligui Nguema, s’est sentie humiliée après avoir été acclamée avec un montant de 500 000 FCFA. Cette somme semblait bien peu pour des journalistes ayant travaillé sans relâche avant, pendant, et après le dialogue et durant plus d’un mois. Certains ont partagé leur déception.
Plusieurs journalistes ont exprimé leur frustration sur le forum Médias Dialogue national. Pour Carl, « La presse est vraiment le moins cher de ce pays hein ». Franck Mandoukou de Gabon Info a ajouté : « La presse aime chanter les louanges. Voilà ce qu’on mérite », soulignant une autocritique acerbe sur la profession.
Wilfrid Kombe Nziengui de Top Info Gabon pour sa part a réagi : « Comment voulez-vous que des DG, conseillers et même les confrères qui étaient membres de commissions et à la fois éligibles aux perdiems des journalistes ? », remettant en question l’équité de cette distribution. Justin Mbatchi de Gabon Quotidien a rappelé à tous : « La déception est de grandeur nature », tandis que Roland Olouba Oyabi de Gabon Mail Infos n’excluait pas la responsabilité des journalistes : « Les gens méritent leur humiliation ».

Randy Louba Nkouyi du journal La Loupe a jeté un pavé dans la mare : « Éthique et déontologie… Chuuuute. Les journalistes ne doivent pas écrire sur les perdiems », rappelant que cette directive venait des anciens. Ces mêmes anciens qui, pour conserver une bonne presse, n’exprimaient pas publiquement leur mécontentement, mais étaient les premiers à demander les informations sur les perdiemes dans les coulisses.
L’ambiance de mécontentement au sein de la presse du Dialogue national inclusif montre bien qu’elle se sent humiliée après avoir été acclamée par les plus hautes autorités de ce pays et la Haute autorité de la Communication.
Des méritants déçus et des passe-droits au Dialogue du CTRI
Comme sous le régime Ali Bongo Ondimba, le dialogue du CTRI a aussi eu ses passe-droits au Dialogue national inclusif d’Angondjé au compte de la presse. Il y a eu des travailleurs qui méritent un meilleur traitement et ceux qui ont été récompensés au même titre qu’eux sans aucun mérite. Ce sont les passe-droits du Dialogue national inclusif.
« Bonjour hier sur place j’ai vu une grande j’ignore dans quel média elle est,mais ce que je sais c’est qu’elle était venue au DNI la dernière semaine avec un badge visiteur [..
]
Mais pourtant hier elle a récupéré un BC.. », a dénoncé Cyriel Manfoumbi de RTN.
Un traitement du régime d’Ali Bongo mieux que celui du CTRI
La comparaison avec le passé est frappante. Pour certains journalistes, Ali Bongo aurait mieux traité la presse en deux semaines de dialogue que le CTRI en près d’un mois. « Ali Bongo lors de son Dialogue d’Angondjé avait cru bon de remettre 300 000 FCFA par semaine. Cela veut dire qu’au cours de ce Dialogue, le média qui avait reçu le plus bas montant avait reçu 600 000 FCFA. Je dis bien 600 000 FCFA », a déclaré Stive Roméo Makanga de Kongossanews dans une vidéo sur sa chaîne TikTok. « Et aujourd’hui, on dit que nous sommes dans l’heure de la restauration avec le CTRI. On crie et on dit sur tous les toits que c’est enfin notre essor vers la félicité. C’est bien. Mais un tel traitement, même sous l’ancien régime, n’avait jamais existé. Je dis bien, Ali Bongo Ondimba, le déchu, le despote déchu, n’avait jamais osé payer un tel montant à la presse. C’est la première fois que je vois ça. »
Dans la même veine, il a demandé une réparation du préjudice causé aux hommes et femmes des médias.
Ainsi, la presse, acclamée puis humiliée, devient l’une des spécificités du Dialogue national inclusif dont le budget alloué au titre de la grande messe d’Angondjé est de 3 900 000 000 FCFA dans les registres du Trésor public lequel mériterait un audit des dépenses réelles. Les prochains jours pourraient bien réserver des rebondissements dans cette affaire des perdiems. Allô CTRI ?












































