Le Congrès pour la Démocratie et la Justice frappe à la porte du palais. Dans un courrier n°006/BN/PCDJ/2026, il lance un «Appel à la Paix des Braves» à Brice Clotaire Oligui Nguema. Ainsi, le parti plaide désormais pour l’ancien Premier ministre Alain-Claude Bilie-By-Nze, toujours détenu.
Le tribunal de Libreville l’a placé sous mandat de dépôt en avril 2026. Depuis, l’ex-chef du gouvernement reste incarcéré. À l’origine du geste, Marguerite Okomo Obame, présidente du CDJ, se présente comme «femme leader politique». Elle sollicite «la très haute bienveillance» du chef de l’État.
Du référendum de 2024 à la présidentielle de 2025
Cette démarche s’inscrit dans un long compagnonnage. Membre fondateur d’Ensemble pour le Gabon, le CDJ a fait campagne pour le «NON» au référendum de 2024. Le président de la Transition a reçu la plateforme le 27 décembre 2024. Le parti garde alors fermement le cap.
«Dans sa cohérence», le CDJ soutient ensuite Alain-Claude Bilie-By-Nze à la présidentielle du 12 avril 2025. Sa présidente coordonne alors la gestion du scrutin comme adjointe. Pourtant, la collaboration s’achève après les résultats. Le CDJ retrouve son «entière autonomie» dans une «opposition responsable et constructive».
Des songes mystiques, démarches discrètes et refus polis
Tout naît, selon son auteure, de «rêves à répétition» en mai, juin et juillet 2026. Dans ces songes, elle voit l’ancien Premier ministre quitter sa cellule. Catholique pratiquante, elle veut donc «s’aligner sur la volonté divine» et cite Abraham, les Rois Mages ou l’apôtre Pierre.
Elle contacte ensuite le colonel Makita Niembo Théophile, puis l’ancien ministre Zacharie Myboto. Cet «ami de longue date» de son mentor refuse, car «l’affaire est déjà entre les mains de la justice». Le principal intéressé juge l’idée «louable», mais il «ne croit pas que cela puisse prospérer».
La Paix des Braves, une référence historique et une main tendue
Elle définit la Paix des Braves comme «un accord de paix honorable conclu entre des adversaires qui se respectent». Elle cite deux précédents : Pierre-Louis Agondjo Okawe en 1993, puis Omar Bongo Ondimba et Pierre Mamboundou en 2006. Chacun a ainsi ouvert la voie à des accords politiques.
Elle admet que ces cas ne sont «pas similaires», mais retient «l’apaisement politique pour calmer les tensions». Elle ne réclame pas «la clémence», mais «des négociations politiques sur la libération». Forte de «30 ans de militantisme», elle revendique «une voix différente, sans langue de bois».












































