Selon une note de synthèse reçue par notre Rédaction d’une source pétrolière, les pénuries ne tiennent pas seulement à la production. Elles résultent surtout d’un stockage trop étroit. La SGEPP, seul opérateur actuel, plafonne à 35 millions de litres. Son autonomie reste critique : 16 jours à Owendo pour les produits blancs. À Moanda, elle atteignait 35 jours en 2025. Le pays dépend à 60 % des importations et à 40 % de la SOGARA.
Début octobre 2026, le retard d’une cargaison de 30 000 m³ a suffi. Libreville a connu une pénurie en trois jours. Ainsi, les stocks de sécurité ne respectent plus la norme. Or, le dépôt laissé par OLAM, le NEPO, offre plus du double de la capacité de la SGEPP. Il pourrait donc régler durablement ce goulot d’étranglement. Cette fragilité menace l’approvisionnement du pays.
Un dépôt à 90 milliards FCFA, toujours à l’arrêt
OLAM a construit ce dépôt pour stocker de l’huile de palme et du méthanol. Une reconversion en dépôt pétrolier a suivi. Ensuite, GOM, filiale de la GOC, l’a acquis pour 90 milliards FCFA. Après la fermeture de GOM, l’État a repris un passif proche de 100 milliards FCFA. Pourtant, le site reste à l’arrêt par inertie administrative.
Un verrou juridique persiste toutefois. L’acte notarié de transfert de propriété à l’État n’est pas signé. Par conséquent, aucune convention de gestion ne peut être sécurisée. La note en fait donc l’urgence numéro un. Elle réclame la finalisation immédiate de cet acte. Cette étape conditionne toute la suite du projet. Le délai devient critique.
Conflit d’intérêts et remise en état à chiffrer
La SGEPP, créée le 19 mai 1967, n’est pas une société d’État. Les marketeurs privés, dont TotalEnergies et Vivo Energy, détiennent 75 % de son capital de 900 millions FCFA. L’État en possède 25 %. Elle exploite deux dépôts à Owendo et alimente Moanda par voie ferrée. Lui confier le NEPO sans cadre clair renforcerait donc un monopole privé. L’État a pourtant payé cet actif stratégique.
Avant toute décision, la note exige un diagnostic complet d’intégrité du NEPO. Il portera sur les bacs, les tuyauteries, la pomperie, la sécurité incendie et l’électricité. La remise en état coûterait entre 10 et 15 milliards FCFA, à confirmer. Enfin, un expert assermenté devra chiffrer définitivement les travaux. Une date ferme de mise en service suivra. Ce travail est indispensable avant d’envisager toute option de gestion.
Quelle gestion après la patrimonialisation ?
Une fois le patrimoine constitué, deux options existent. L’État peut créer une entité publique dédiée. Il peut aussi signer une convention de gestion avec un opérateur compétent, sous son contrôle. Toutefois, sans exploitation immédiate après commissioning, le dépôt deviendrait un gouffre financier permanent pour l’État.








































