À quelques semaines du coup d’envoi de la CAN Maroc 2025, la situation des Panthères du Gabon est révélatrice d’une gestion chaotique qui menace l’avenir du football national. La Confédération africaine de football (CAF) a mis en demeure le Gabon concernant ses nouveaux équipements, jugés non conformes, ce qui pourrait entraîner des sanctions financières sévères. Ce contexte met en lumière des dysfonctionnements qui risquent de compromettre les ambitions sportives du pays pour cette CAN particulièrement attendue.
Le choix de la marque locale « Gaboma » pour équiper l’équipe nationale, bien qu’initialement perçu comme un acte patriotique, s’est rapidement transformé en source de controverse. La CAF a pointé du doigt l’absence de contrat valide avec un équipementier agréé et la forte ressemblance du logo proposé avec une marque concurrente, AIRNESS. Ces irrégularités, qui semblent être le fruit d’une précipitation et d’une mauvaise coordination entre les différentes parties prenantes, soulignent un manque de professionnalisme et de rigueur dans la gestion des affaires sportives du Gabon.
L’Office national de développement du sport et de la culture (ONDSC) tente de calmer la tempête, affirmant travailler à une mise en conformité urgente. Cependant, cette réaction tardive est symptomatique d’une gestion réactive plutôt que proactive. Les joueurs, qui ont exprimé des attentes légitimes, se retrouvent au cœur d’une polémique qui pourrait nuire à leur performance sur le terrain. À moins d’un mois de la compétition, le temps presse, et chaque minute perdue est une minute de pression supplémentaire sur une équipe qui aspire à briller lors de cette CAN décisive.
Les sanctions financières évoquées sont particulièrement préoccupantes. Une amende minimale de 150 000 USD par match pourrait rapidement s’accumuler, affectant les ressources financières allouées au Gabon pour la compétition. Cela soulève des questions sur la viabilité économique du football gabonais et sur la capacité des instances dirigeantes à protéger les intérêts de l’équipe nationale.
Dans ce contexte, le discours de l’ONDSC appelant à l’union sacrée autour de l’équipe nationale semble déconnecté des réalités administratives et logistiques. Les promesses de mise en conformité sont rassurantes sur le papier, mais l’urgence de la situation exige des actions concrètes et rapides. La course contre la montre pour répondre aux exigences de la CAF pourrait bien déterminer non seulement le sort des Panthères à la CAN, mais aussi l’avenir du football au Gabon.
Cette crise met en exergue la nécessité d’une gouvernance sportive plus rigoureuse et d’une meilleure coordination entre les différentes parties impliquées. Le Gabon mérite une équipe nationale qui reflète son potentiel et sa passion pour le football, et non une source de controverses et d’incertitudes. L’heure est venue pour le pays de prendre des décisions éclairées et de s’unir pour soutenir ses athlètes dans la quête de l’excellence.
Par Yann Yorick Manfoumbi Manfoumbi












































