La diffusion récente de propos controversés justifiant les crimes rituels dans l’émission Dieu en question sur la chaîne nationale gabonaise a provoqué un tollé sans précédent. L’invité, Dokira Atsam Ella, y a défendu l’idée que ces actes odieux seraient conformes à des “lois cosmiques”, reléguant ainsi la perte d’une vie humaine au second plan. Une banalisation choquante, face à laquelle l’opinion publique s’interroge : comment de telles paroles ont pu être tolérées sur les ondes d’un média public censé incarner l’éthique, l’information et la cohésion nationale ?
Les déclarations tenues en direct ont été diffusées sans contradiction immédiate, ni réaction officielle de la Haute autorité de la communication (HAC). Pour une population marquée par des décennies de méfiance envers les institutions et traumatisée par des affaires de disparitions suspectes, cette inaction frôle la complaisance.
Les crimes rituels, souvent entourés de silence et d’impunité, sont pourtant une réalité douloureuse au Gabon. Leur évocation publique aurait pu être l’occasion d’une condamnation ferme et d’un débat utile. Au lieu de cela, un discours ésotérique justifiant l’injustifiable s’est vu offrir une tribune.
La réaction populaire ne s’est pas fait attendre. Sur les réseaux sociaux, les internautes ont exprimé colère et dégoût. Des journalistes, associations, et leaders d’opinion ont dénoncé une dérive préoccupante et exigé des sanctions contre l’émission et ses producteurs. « Ce n’est pas une opinion, c’est une incitation. Le silence des autorités est assourdissant.”, écrit un internaute sur Twitter.
Cet incident doit être un électrochoc. Les médias publics ont une responsabilité majeure dans l’éducation civique et la protection morale de la société. Diffuser des propos qui banalisent les crimes rituels, c’est trahir cette mission.
Il est impératif que :
La HAC sorte de son mutisme et assume ses responsabilités.
Les producteurs de l’émission soient auditionnés.
Une réflexion nationale soit lancée sur la manière dont les médias abordent les sujets sensibles.
Le Gabon ne peut plus se permettre de jouer avec le feu. Les ondes de la télévision nationale ne sont pas des laboratoires d’expérimentation mystique, mais des vecteurs de vérité, d’équilibre et de justice. À l’heure du numérique et de la transparence, l’opinion est plus vigilante que jamais et elle exige des comptes.




















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