Depuis la fin de l’élection présidentielle de 2016 et la contestation qui s’en est suivie, le climat politico-économique et social est devenu très volatile au Gabon. D’autres décisions prises récemment par les gouvernants frustrent davantage le peuple. Le vivre ensemble des Gabonais est menacé. Ainsi, l’Eglise a décidé de porter le message d’espoir dans le cadre du ‘’Colloque chrétien sur la paix’’ du 09 au 10 juillet 2021, réunissant plusieurs leaders et cadre chrétiens, organisé par le leader du Centre missionnaire les Conquérants (CMC) le prophète Max Alexandre Ngoua (MAN). De ce fait, Il donne, dans notre tribune, les raisons de cette grande rencontre pour le pays.
Gabon Mail Infos (GMI) : Pourquoi un colloque sur la paix ?
Le prophète Max Alexandre Ngoua (MAN) : À l’issue d’une longue observation, nous constatons que la population gabonaise est confrontée à deux phénomènes majeurs : une fracture sociale et une discrimination
1- Fracture sociale
La cellule familiale constitue depuis toujours le socle de l’équilibre d’une Nation. Mais force est de constater que durant ces dernières années la cellule familiale a fait l’objet de beaucoup de pressions, en ce sens que de nombreuses positions visant à la déstabiliser, la disloquer. En exemples nous avons : la loi sur la dépénalisation de l’homosexualité, la loi sur la dépénalisation de l’adultère, aujourd’hui l’homme n’est plus le chef de famille. Toutes ces décisions contribuent à désorienter complètement la cellule familiale.
2- La discrimination
Dans le contexte pandémique actuel, le vaccin dans la lutte contre la Covid-19 s’est présenté comme une donnée solutionnelle, toutefois nous observons que nous rentrons de plus en plus dans une logique politique que médicale. Pourquoi le dis-je ? Simplement parce qu’au lieu que nous ayons un seul peuple gabonais nous nous trouvons avec deux peuples gabonais : un peuple non vacciné qui vit de 6h à 21h, un peuple vacciné qui vit de 6h à l’autre 6h. Partant de ce fait, une fracture sociale, voire une dislocation de l’unité nationale s’est installée c’est pourquoi nous avons trouvé urgent (de nous) rassembler, tous autour d’un colloque afin de proposer des solutions pour maintenir la paix dans notre cité.
Centre missionnaire les Conquérants Récépissé définitif, 002/MISPHDDL/SGA2/05/04/2017 ; Selon la loi n°35/62 du 10
Décembre 1962 relative aux associations ; adresse site : www.centremissionairelesconquerants.com

GMI : Quels sont les objectifs du colloque ?
MAN : Quatre objectifs sont au cœur de ce colloque chrétien pour la paix :
Objectif 1 : Remettre au centre de la préoccupation nationale la problématique de la paix.
Le Gabon a toujours été reconnu comme étant un pays de paix, ayant reçu celle-ci en héritage tel un patrimoine. Mais dans notre observation nous constatons que le discours de la paix ne se retrouve plus dans nos institutions, ni moins le discours de la paix ne se retrouve plus dans celui du politique. La matrice même de cette notion qui est la paix ne se retrouve plus dans aucune sphère. Donc en la positionnant au centre de la nation, au centre de l’enjeu national elle serait déjà une contribution à la conquête d’un héritage semble-t-il perdu.
Objectif 2 : Apporter un apaisement par rapport au climat délétère observé, occasionnant une tension sociale.
Le discours de la paix en termes d’apaisement du climat délétère ne consiste pas à faire taire des débats. Il ne consiste pas à taire des discours discordants, mais il consiste d’avantage à dialoguer dans la vérité et la transparence.
Objectif 3 : Faire entendre la conscience chrétienne pour émettre des orientations à l’endroit des dirigeants.
L’Église dans son ensemble a toujours été caractérisée par la prière. Par ce colloque nous venons dire, non seulement l’Église prie, mais elle réfléchit et pense également. C’est dire qu’il y a au final, une conscience dite chrétienne, qui réfléchit sur ledit fonctionnement de notre société.
Objectif 4 : Apporter des propositions concrètes, des suggestions allant dans le cadre de la consolidation de la paix, l’apaisement et pourquoi pas la réconciliation.
L’Eglise en dehors de son implication dans le fonctionnement de la vie sociétale, doit jouer un rôle pédagogue. La Bible déclare dans le livre de Jean 14 : 27 « Jésus a dit je vous donne la paix je vous laisse ma paix Je ne vous La laisse pas comme le monde vous la donne ».
Centre missionnaire les Conquérants Récépissé définitif, 002/MISPHDDL/SGA2/05/04/2017 ; Selon la loi n°35/62 du 10
Décembre 1962 relative aux associations ; adresse site : www.centremissionairelesconquerants.com
En d’autres termes, le Grec original dit : je vous donne la paix et je vous laisse mes paix. L’Église doit dire au monde qu’il existe 7 paix à savoir:
– la paix Tsekada qui renvoie à la justice, il faut que le Droit retrouve sa place dans Notre société.
– la paix Yishuv qui renvoie au logement et l’habitation.
– la paix Lamedou qui renvoie à la notion de la connaissance, l’éducation et la formation. Tout citoyen qui qu’il soit doit être bien formé.
– la paix Rophekhaou qui renvoie à la santé. Tout citoyen quel que soit son rang social doit être soigné et bien se soigner.
– la paix Pita, qui renvoie à l’aspect agricole, en termes d’alimentation et de nourriture, nous devons être des consommateurs certes mais nous devons aussi penser à être des producteurs pour atteindre l’autosuffisance alimentaire.
– la paix Osherou qui renvoie à la richesse, à la prospérité et à l’emploi.
– la paix Shalom qui est l’absence de la guerre.
Voici en quoi l’Église doit s’impliquer pour faire manifester ces paix dans notre Nation.
GMI: Le politique a-t-il le monopole de la paix ?
MAN: Penser que le politique aurait le monopole de la paix c’est faire preuve de cécité. Effectivement, le politique conçoit la paix comme l’absence de la guerre, mais c’est une erreur parce que le discours de la paix est de l’apanage de l’Église. La Parole de Dieu déclare en Ésaïe 9 : 5 que : « Jésus serait appeler le Prince de Paix ». Donc le discourir sur la paix n’est pas l’affaire du politique, mais donc de l’Église qui a cette responsabilité de la maintenir. Il existe dans cette Nation une conscience chrétienne, et l’Église à ce stade de maturité et doit désormais penser à la nation, en vue de s’impliquer dans la restauration des dysfonctionnements qui sont de plus en plus dans observés dans les secteurs d’activités de notre cher Pays.
J’aimerais inviter, tous les concitoyens à prendre une part active à ce Colloque pour la Paix dans le strict respect des gestes barrières. Il existe des chrétiens avec une conscience chrétienne, qui ont la capacité de réfléchir et de proposer des solutions.
Je bénis le Seigneur pour le peuple gabonais. Puisse Dieu bénir l’Église du Gabon. Puisse Dieu bénir la Nation gabonaise, Notre Nation. Puisse Dieu bénir les Institutions de la République Gabonaise.


























