À l’heure où la campagne électorale s’achève et où la Nation espère respirer l’air de l’unité et de la concorde, Germain Ebolo, candidat de l’Union démocratique des bâtisseurs (UDB) dans le canton Ellelem 2, a préféré souffler sur les braises ardentes du rejet de l’autre. Le 23 septembre, lors d’une causerie publique, son discours a claqué comme une gifle à la République : non pas un appel au débat d’idées, mais un plaidoyer en faveur du sang, du clan et de l’ethnie.
La scène, filmée et rapidement diffusée sur les réseaux sociaux, s’est répandue tel un incendie de brousse en pleine fin de saison sèche : incontrôlable, dévastatrice, profondément honteuse. « Celui qui a créé l’UDB, c’est un Fang… Les Fangs doivent voter automatiquement pour les Fangs », a-t-il déclaré avec aplomb, réduisant le suffrage universel à une vulgaire pesée d’appartenances tribales. Une gifle au drapeau tricolore, qui ne salue pas une tribu mais incarne une Nation une et indivisible.
Difficile de ne pas y voir une trahison cinglante de l’appel du chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema, qui, à l’ouverture de la campagne, exhortait chacun à « mener une bataille des idées dans le calme, la dignité et l’unité ». Là où le Président tendait une main fraternelle à l’ensemble des Gabonais, son candidat local fang Germain Ebolo plantait un poignard dans le dos du vivre-ensemble.
Par de tels propos, Germain Ebolo convoque les spectres que l’on croyait ensevelis : ceux du tribalisme, des replis identitaires, des clivages mesquins où l’on jauge le citoyen à l’aune de son patronyme. C’est vouloir bâtir une demeure nationale sur des fondations rongées de termites : l’édifice s’effondrera avant même d’avoir abrité quiconque.
Ce n’est pas une simple « maladresse », mais une faute impardonnable. Le geste d’un pyromane qui, au lieu de cimenter l’unité, répand de l’essence sur les fissures fragiles de la cohésion nationale. Est-ce là le profil que mérite l’Assemblée nationale ? Un homme qui rabaisse le vote à une foire communautaire, comme si les urnes n’étaient que des cases villageoises ?
L’UDB, née pour porter la rupture et incarner une alternative aux pratiques anciennes, risque d’apparaître, avec ce candidat Germain Ebolo, comme une barque crevée. Faute de formation et de vision, certains de ses rameurs préfèrent patauger dans les eaux sombres du populisme et du rejet de l’autre. À la veille du scrutin du 27 septembre, cette affaire jette une tache d’huile sur le discours présidentiel et menace d’éroder le crédit du parti dans une province frondeuse.
Dès lors, l’opinion attend une réponse ferme : ou bien l’UDB condamne cette dérive tribaliste, ou bien son silence l’assimile à une complicité tacite. L’unité nationale ne saurait demeurer une simple rengaine électorale : elle doit s’ériger en ligne rouge infranchissable.
Car en appelant au vote de sang, Germain Ebolo a libéré un venin que le pays ne saurait absorber. Le Gabon, aujourd’hui plus que jamais, a besoin de bâtisseurs de ponts, non de fossoyeurs de la République.

























