Le 2 juin 2024, le président Brice Clotaire Oligui Nguema a honoré la mémoire du Capitaine Charles N’Tchoréré à Airaines, en France. Charles N’Tchoréré était un soldat français d’origine gabonaise qui a perdu la vie en 1940. La cérémonie, marquée par des coups de canon, des décorations, des allocutions et le dépôt de gerbe au monument du Capitaine, a souligné l’importance de cet officier. Il est devenu un symbole de l’engagement des troupes africaines pendant la Seconde Guerre mondiale. Son destin tragique illustre la contribution inestimable des soldats gabonais et africains à l’histoire contemporaine de la France. Une reconnaissance bien méritée pour son courage et son sacrifice.
Né à Libreville au Gabon en 1896, le Capitaine Charles N’tchoréré s’est engagé dans les tirailleurs sénégalais en 1915 et a participé avec bravoure à la Première Guerre mondiale. En 1933, il a été promu au grade de capitaine après avoir servi en Syrie et au Soudan français. Par la suite, il est devenu le commandant de l’école de troupe de Saint-Louis au Sénégal. En 1939, la nationalité française lui a été accordée, car il avait exprimé le souhait de combattre les nazis.
Dans le département de la Somme en France, le Capitaine Charles N’tchoréré a pris la tête de la compagnie du 53e régiment d’infanterie coloniale mixte. Cette compagnie avait pour mission de protéger le petit village d’Airaines près d’Amiens contre les Allemands. Face à l’attaque ennemie, le capitaine et ses troupes ont résisté pendant cinq jours, malgré l’utilisation de panzers et de lance-flammes par l’ennemi.
Le 7 juin 1940, le capitaine N’tchoréré a pris la décision de se rendre, n’ayant plus de munitions, afin de sauver la vie des 15 hommes qui lui restaient. Cependant, lorsqu’il s’est rendu compte que la troupe, composée de Blancs et de Noirs, était aux ordres d’un Africain, les Allemands ont procédé à un tri. À ce moment-là, il a choisi de prendre des Blancs comme prisonniers, laissant les Noirs, dont le capitaine N’tchoréré. Malheureusement, celui-ci a été abattu après avoir refusé de se séparer de ses hommes et de se plier aux ordres des Allemands. Son corps a été jeté sous les chars et écrasé par les chenilles en acier.
La bravoure de Charles N’tchoréré mérite une reconnaissance plus ample en France. Au Gabon, une école militaire porte son nom, mais c’est Brice Clotaire Oligui Nguema, le premier dirigeant gabonais, qui a rendu hommage au capitaine N’tchoréré dans la Picardie depuis les indépendances . Ce fut une très belle initiative de la part du président de la transition gabonaise.
Par Max Delys Robaky


























