Sous un ciel chargé de nuages menaçants, l’avocat Anges Kevin Nzigou a été brutalement éjecté du procès de son propre client, Brice Laccruche Alihanga, par ordre impérieux du président de la Cour criminelle spécialisée. Ce coup de théâtre, annoncé par la rédaction de Gabonactu.com, résonne comme une note funèbre dans une symphonie déjà sombre de la justice gabonaise.
« Le président a ordonné ma déconstitution et mon remplacement par un avocat d’office », a déclaré Nzigou, la voix teintée de frustration et d’incrédulité.
Lundi dernier, les avocats de BLA, dans un acte de défiance, avaient quitté la salle d’audience en signe de protestation contre ce qu’ils décrivaient comme une « parodie de justice ». Un spectacle poignant où le fracas de leurs pas résonnait comme un ultime cri de désespoir dans les arcanes d’un tribunal devenu théâtre de l’absurde.
« Nous sommes plongés en plein incident. Au lieu de le résoudre, le président a opté pour une décision radicale », a fulminé un autre avocat conseil de Brice Laccruche Alihanga, l’indignation vibrant dans chaque syllabe.
La défense de BLA s’interroge, l’esprit assombri par la stupeur : pourquoi seule la tête de Me Anges Kevin Nzigou est-elle tombée alors que cinq avocats avaient claqué la porte en solidarité lundi, refusant de revenir mardi pour la suite des audiences ?
Dans un acte qui semble écrit d’avance, le président de la Cour a sommé le bâtonnier de nommer un autre avocat. Ce dernier prendra le dossier en main lundi prochain, débutant son travail mercredi, comme un funambule sur le fil tranchant de la justice.
Brice Laccruche Alihanga, autrefois un pilier inébranlable du pouvoir, se trouve désormais pris au piège dans le labyrinthe judiciaire de l’opération mains propres baptisée « Scorpion ». Déjà condamné à douze ans de prison, dont près de quatre ans fermes, il traîne derrière lui une traînée de peines et d’amendes colossales : 100 millions de FCFA et 5 milliards de FCFA de dommages et intérêts, une montagne infranchissable pour un homme autrefois au sommet.
Les tourments judiciaires de l’ex-Directeur de cabinet d’Ali Bongo ne sont pas près de s’achever. Après près de quatre ans derrière les barreaux, il émerge, épuisé et affaibli, tel un roi déchu, encore enchaîné par les spectres de ses anciennes gloires et de ses nouvelles disgrâces.












































