Ce mercredi 29 janvier 2025, à Libreville, plusieurs figures emblématiques du Parti Démocratique Gabonais (PDG) ont pris la parole pour dénoncer la situation actuelle du parti, désormais en proie à une crise sans précédent. Ali Akbar Onanga Y’Obegue, ancien président et initiateur de la commission de révision de textes, accompagné de Francis Nkea Ndzigue, Arthur Benga Ndjeme et Noé Mesmin Kondodo, a exprimé de vives inquiétudes concernant le Bureau illégal provisoire du PDG et les relations controversées entre ce dernier et le Comité pour la Transition et la restauration des Institutions (CTRI).
« Le directoire provisoire, autoproclamé et illégal, a violé les statuts du parti en destituant le Distingué Camarade Président Ali Bongo Ondimba », ont dénoncé les cadres du PDG. Cette prise de pouvoir, qualifiée de coup d’État interne, a généré une crise de gouvernance, marquée par l’apparition de nouveaux postes illégitimes et une rupture flagrante avec les principes démocratiques sur lesquels le PDG se fondait depuis sa création. La destitution de certaines figures emblématiques comme Patience Dabany a encore intensifié les tensions au sein du parti, plongeant ses militants dans l’incertitude.
Les leaders du PDG soulignent la gravité du mutisme du directoire provisoire face aux attaques incessantes, tant de la part de la classe politique que des médias. Ce silence, selon Ali Akbar Onanga Y’Obegue, constitue « une démission morale » qui fragilise davantage le parti face à ses détracteurs. Le PDG, qui aurait dû défendre son bilan et ses valeurs, a choisi, par la soumission au CTRI, de laisser prospérer une image d’un parti coupable, cherchant désespérément à se maintenir dans un rôle de soumission plutôt que de rédemption.
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Le plus grand reproche formulé par ces figures du PDG est l’absence de position claire face au coup d’État du 30 août 2023. L’absence de réaction forte a non seulement exposé le parti à des critiques mais aussi miné sa crédibilité. « Le silence face à ce coup d’État est une trahison des principes fondamentaux du PDG », ont affirmé les intervenants, qui insistent sur la nécessité de revenir à une direction légitime pour retrouver l’intégrité du parti.
Le sujet de la relation entre le PDG et le CTRI est également au cœur des préoccupations. Ali Akbar Onanga Y’Obegue a insisté sur la nécessité de clarifier cette relation ambiguë. Il a ajouté que cette alliance, ou la perception de celle-ci, pourrait être perçue comme une tentative de « retour masqué à l’ancien système ». Il est impératif, selon lui, que le CTRI « clarifie sa position » et démente toute collusion avec le directoire provisoire. À défaut, le CTRI risquerait de se voir accusé de soutenir des pratiques illégales et opportunistes, ce qui nuirait à la transition politique en cours.

L’appel à la reconstruction du PDG est plus que jamais d’actualité. La convocation d’un congrès extraordinaire pour le 30 janvier 2025, par le directoire provisoire, est dénoncée comme illégale, car elle repose sur des statuts abrogés depuis 2008. « Cette tentative de manipulation des textes fondateurs est une violation des règles statutaires du PDG », a insisté l’un des intervenants. La convocation d’un congrès dans de telles conditions expose le parti à des risques juridiques et compromet sa légitimité.
L’importance de se recentrer sur les fondements du PDG est primordiale. En effet, la reconstruction du parti ne pourra se faire sans une « introspection » qui reconnaît les erreurs du passé tout en mettant en avant les succès accomplis. Ali Akbar Onanga Y’Obegue a ajouté que le PDG doit adopter une posture d’opposition constructive et se remettre au service du peuple gabonais. « Le travail à mener doit s’articuler autour de quatre axes : une introspection profonde, une réforme des structures internes, une reconstruction progressive de la légitimité politique, et une contribution au débat national », a précisé le leader.
Le retour à une direction légitime est donc perçu comme une exigence morale et statutaire pour retrouver la place du PDG dans le paysage politique gabonais. « Il est temps de permettre au camarade Luc Oyoubi et aux autres membres du secrétariat exécutif de reprendre les rênes que vous leur avez indûment arrachées », ont appelé ces dirigeants historiques. Ils insistent sur le fait que le PDG doit cesser de se comporter comme un « animal blessé » et se redresser avec audace, en assumant son bilan sans complexe.
Le parti doit également se libérer des influences extérieures, notamment celles du CTRI, et se consacrer pleinement à sa mission historique de reconstruction. Selon Ali Akbar Onanga Y’Obegue, cette période de retrait du pouvoir n’est pas un effacement, mais plutôt une occasion pour le PDG de « se transformer profondément ». Cette réflexion est essentielle pour que le PDG puisse, un jour, reconquérir la confiance du peuple gabonais et redevenir une force politique crédible.










































