Réuni en son 13ᵉ congrès extraordinaire ce jeudi 30 janvier 2025, le Parti Démocratique Gabonais (PDG) a entériné une restructuration majeure de son organigramme. Blaise Louembe a été désigné président du parti, succédant ainsi à Ali Bongo Ondimba, tandis qu’Angélique Ngoma a été confirmée dans ses fonctions de Secrétaire générale. Ces décisions ont été prises au cours d’une assemblée présidée par l’ancien secrétaire général Faustin Boukoubi. Cependant, la tenue de ce congrès n’a pas manqué de susciter des remous en interne, notamment avec la fronde de quatre cadres du parti dénonçant l’illégalité de cette démarche.
Un tournant politique sous tension
Loin d’être un simple remaniement structurel avec l’élection de Blaise Louembe, ce congrès extraordinaire marque une rupture avec l’ère Ali Bongo Ondimba, dont le régime a été renversé le 30 août 2023. Dans cet élan de refondation, le PDG a procédé à la modification de certaines dispositions de ses statuts et de son règlement intérieur, en vue de redéfinir son cadre organisationnel et sa ligne politique. Cette orientation a néanmoins été vivement contestée par Ali Akbar Onanga Y’Obegue, Francis Nkea Ndzigue, Arthur Benga Ndjeme et Noé Mesmin Kondodo, qui y voient une manœuvre contraire aux principes du parti.
« Nous ne sommes pas moins patriotes que nos détracteurs », a tenu à préciser Faustin Boukoubi, en réponse aux critiques formulées à l’encontre de ce congrès. La révision statutaire adoptée vise à renforcer l’efficacité du fonctionnement interne du parti, sans pour autant bouleverser son essence fondatrice.
En effet, les ajustements ne concernent pas une refonte profonde, mais plutôt la correction de certaines incohérences avant la tenue du prochain congrès ordinaire.
Un parti en quête de renouveau
Parmi les changements notables, la secrétaire générale provisoire, Angélique Ngoma, a souligné que les nouveaux amendements visent à inscrire le PDG dans une dynamique de modernisation, tout en restant fidèle aux idéaux d’Omar Bongo Ondimba, figure emblématique du parti. Ainsi, le terme de « président fondateur » a été supprimé au profit de la simple appellation « président du parti », tandis que les prérogatives de ce dernier ont été redéfinies afin d’établir un fonctionnement plus collégial.
Une autre décision marquante du congrès a concerné la restauration de l’emblème historique du PDG. Le parti a en effet décidé de revenir à son symbole originel, caractérisé par une main pomme ouverte et un nœud gordien, supprimant ainsi les modifications introduites par la « young team ».
Un avenir politique incertain
Dans un souci de clarté institutionnelle, le congrès a également acté l’incompatibilité de l’adhésion au PDG avec toute appartenance à une autre formation politique ou association à caractère politique. Tout manquement à cette directive exposera les contrevenants à des sanctions disciplinaires. Cette mesure, prise en hommage à Omar Bongo Ondimba, vise à réaffirmer la cohésion du parti en cette période charnière.
À l’issue de longues heures de débats, Blaise Louembe a été élu par acclamation à la présidence du PDG, tandis qu’Angélique Ngoma a été confirmée dans son rôle de secrétaire générale. Toutefois, cette nouvelle structuration ne fait pas l’unanimité au sein du parti. La faction menée par les quatre contestataires du 29 janvier revendique toujours la légitimité du « PDG légal », alimentant ainsi un climat d’incertitude quant à l’avenir politique de la formation.









































