La crise du Parti démocratique gabonais (PDG) dépasse ses rivalités internes. Dans une tribune, Ali Akbar Onanga Y’Obegue, secrétaire général du parti et ancien ministre, questionne la neutralité de l’État. Il analyse les conséquences politiques possibles de l’audience présidentielle du 30 octobre 2026.
Son propos soulève une interrogation républicaine : quelle place l’État doit-il occuper dans les différends des partis ? L’auteur défend le pluralisme comme une garantie collective. « La République » ne saurait, selon lui, arbitrer une compétition partisane. Cette alerte replace les libertés politiques au centre du débat national. Cette question concerne tous les citoyens du pays.
Une audience qui ravive les tensions partisanes
L’auteur rappelle qu’Ali Bongo Ondimba aurait proposé le dialogue le 20 octobre. Deux jours plus tard, la direction conduite par Blaise Louembé aurait annoncé un congrès pour novembre. Le 30 octobre, elle aurait sollicité l’appui du chef de l’État pour préparer cette échéance.
Le président aurait reconnu une seule direction du PDG, selon un compte rendu relayé sur les réseaux. Il aurait promis son accompagnement pour le congrès. Ces propos restent à confirmer. Leur portée éventuelle interroge la frontière entre écoute institutionnelle et préférence politique.
La neutralité présidentielle, une exigence constitutionnelle
Pour Ali Akbar Onanga Y’Obegue, une audience ne règle aucun différend statutaire. Les textes du parti et les procédures compétentes doivent déterminer sa direction. Il invoque la Constitution du 19 décembre 2024. « Un arbitre ne descend pas sur le terrain pour enfiler le maillot de l’une des équipes », écrit-il.
L’auteur soumet cette exigence à un principe de réciprocité. En outre, les nominations publiques devraient reconnaître les compétences, non récompenser les fidélités partisanes. Cette distinction protège l’autonomie des institutions.
Le congrès, entre réunification et risque d’exclusion
La tribune rappelle que le PDG appartient à ses militants. L’auteur rejette toute appropriation familiale ou tutelle extérieure. À ses yeux, un congrès sans accord sur les règles et la participation des sensibilités pourrait aggraver la division. Un calendrier ne suffit pas à établir une légitimité.
Il s’inquiète des promesses de nominations adressées aux cadres. Elles pourraient créer une dépendance envers le pouvoir et réduire la liberté collective. « La proximité avec le pouvoir ne régularise aucun acte », résume-t-il. Il préconise plutôt un dialogue préalable et une consultation inclusive.
La restauration jugée à l’épreuve du quotidien
L’auteur élargit ensuite son analyse aux difficultés sociales. Il évoque les démolitions, la hausse des carburants, les coupures d’eau et d’électricité, l’endettement et le chômage des jeunes. Selon lui, ces réalités éloignent la promesse de restauration formulée après le 30 août 2023.
Il mentionne les prix des carburants annoncés en novembre 2026 et une projection de dette attribuée au FMI. Son argument demeure : la restauration doit aussi se mesurer aux conditions de vie et aux résultats publics.
Préserver le pluralisme : laisser les militants décider, garantir les droits politiques et judiciaires, maintenir la neutralité de l’État, privilégier le dialogue entre les sensibilités du PDG et empêcher que les rivalités partisanes ne fragilisent davantage la confiance des citoyens dans les institutions républicaines gabonaises communes
Ali Akbar Onanga Y’Obegue appelle les responsables politiques, juristes et membres de la société civile à défendre les libertés. Il cite Desmond Tutu : « Si vous êtes neutre en situation d’injustice, vous avez choisi le camp de l’oppresseur. »
Il propose un dialogue entre les protagonistes et un congrès inclusif. « Restaurer, c’est rendre à chacun ce qui lui appartient », écrit-il. L’enjeu dépasse donc le PDG : il concerne la neutralité de l’État et la confiance démocratique.












































