À la Plaine Ayémé, le lotissement destiné aux enseignants avance désormais concrètement. Une compensation financière accompagne ainsi les populations affectées par ce grand chantier. Au total, l’État a mobilisé 231,5 millions de FCFA pour 265 personnes. Cette somme couvre à la fois les biens agricoles et les habitations. Parallèlement, l’État a réservé 20 hectares pour préserver l’activité agricole locale. Cette double mesure vise ainsi à concilier développement urbain et justice sociale. Pourtant, une question revient sans cesse chez les habitants concernés. Où reloger vraiment ceux dont la maison familiale va bientôt disparaître ? Le gouverneur de l’Estuaire, Marie-Françoise Dikoumba, qualifie cette opération d’acte de justice sociale nécessaire et longtemps attendu.
Le projet s’inscrit dans un partenariat public-privé entre l’État et une entreprise immobilière. Il s’étend ainsi sur 539 hectares dans cette large zone. Plus de 5 000 parcelles titrées seront destinées aux enseignants gabonais. Cette ambition foncière touche toutefois des populations installées depuis plusieurs décennies.
Sur les 231,5 millions versés, 204,3 millions concernent les biens agricoles de la Plaine Ayémé. Le reste, soit 27,1 millions, compense les habitations concernées par le projet. Cette répartition traduit ainsi l’ampleur des activités agricoles sur ces terres. Le gouverneur y voit désormais un signal fort envoyé aux populations.
Le casse-tête du relogement inquiète les habitants
Dieudonné Bissielou salue globalement cette initiative présidentielle attendue depuis des décennies entières. Il explique toutefois vivre depuis des années sur les terres familiales concernées. Il demande ainsi à l’État d’assainir au moins un site adapté. Ce lieu permettrait aux populations affectées de reconstruire leur habitation.
Martine, retraitée et bénéficiaire, reconnaît volontiers l’intérêt des 20 hectares agricoles. Elle s’interroge toutefois sur le sort des maisons vouées à disparaître. Où habiter une fois la démolition effectuée à la Plaine Ayémé, demande-t-elle sincèrement au chef de l’État. Cette interpellation résume finalement l’enjeu central de ce vaste projet.
A la Plaine Ayémé, la compensation ne suffit pas à combler le fossé résidentiel
Ces témoignages révèlent ainsi un fossé entre compensation financière et sécurité résidentielle. Les autorités affichent désormais toute leur volonté de concilier développement urbain et justice sociale. Le projet intégrera également certaines habitations modernes déjà construites sur le site. Cette flexibilité rassure partiellement les riverains, mais des doutes subsistent toujours. L’agriculture locale semble ainsi préservée grâce à la réservation foncière annoncée. Le logement, lui, demeure un chantier encore largement inachevé aujourd’hui. Les 231,5 millions de compensation ne répondent donc pas à toutes les attentes légitimes. Reste désormais à l’État de transformer ces promesses en solutions concrètes durables. Habitants et autorités devront ainsi poursuivre ce dialogue essentiel dans les mois à venir.










































