La ministre mauritanienne Messouda Baham Mohamed Laghdaf a rencontré Oligui Nguema ce lundi 22 juin. Elle portait un message personnel du président Ghazouani à son homologue gabonais. Cette audience protocollaire dissimulait pourtant une offensive diplomatique très bien calculée. La Mauritanie présentait officiellement la candidature de Koumba Ba à la direction générale de l’OIF.
Une vision structurée pour renouveler l’organisation
Cette candidature de Koumba Ba repose sur trois piliers fondamentaux : cohérence, équilibre et utilité directe. Car la question demeure entière : quelle doit être la vocation de la Francophonie aujourd’hui ? L’organisation affronte désormais des défis inédits et pressants. Numérique, formation, climat et souveraineté technologique redessinent ainsi les attentes des 90 États membres. Dès lors, Nouakchott plaide pour une Francophonie tournée vers les résultats concrets.
Le Gabon, pivot des équilibres continentaux
Cette démarche mauritanienne n’est donc pas anodine. Elle cible un Gabon qui retrouve une visibilité diplomatique croissante sur le continent africain. Depuis son arrivée au pouvoir, Oligui Nguema repositionne Libreville comme un véritable carrefour régional. Cette orientation lui vaut de devenir un interlocuteur recherché sur de nombreux dossiers stratégiques. Le président a réaffirmé son attachement au consensus et à une gouvernance concertée. Les deux pays souhaitent également renforcer leurs liens autour de l’environnement et du développement durable.
L’Afrique réclame sa Francophonie
Les chiffres sont sans appel : plus de 60 % des francophones vivent aujourd’hui en Afrique. Selon les projections démographiques, cette proportion pourrait atteindre 85 % d’ici 2050. Autrement dit, l’avenir du français se joue essentiellement sur ce continent. Cette réalité démographique bouleverse pourtant les équilibres historiques de l’organisation. Plusieurs États africains réclament une représentation accrue dans ses instances décisionnelles comme la Mauritanie avec Koumba Ba.
Vers une recomposition silencieuse
La candidature mauritanienne de Koumba Ba s’inscrit dans cette dynamique de réappropriation africaine. Elle incarne ainsi l’ambition d’une Francophonie alignée sur les besoins réels des populations. Cette rencontre entre Libreville et Nouakchott révèle une recomposition silencieuse des rapports de force. La question n’est plus de savoir si l’Afrique doit peser dans la Francophonie. Elle est désormais de savoir quelle Afrique en écrira le prochain chapitre.








































