Annoncé par plusieurs médias, le congrès de l’Union démocratique des bâtisseurs (UDB) ne se tiendra finalement pas. Pourtant, l’idée avait nourri une réelle attente au sein du parti. Selon des sources concordantes, la décision procède d’un arbitrage du fondateur lui-même. Le président Brice Clotaire Oligui Nguema tranche ainsi un dossier devenu sensible. Désormais, l’échéance de juillet 2026, longtemps jugée acquise, s’efface brutalement du calendrier politique.
L’argument officiel : une jeunesse encore fragile
Créée le 5 juillet 2025, l’UDB n’a qu’un an d’existence. Par conséquent, un congrès paraîtrait prématuré, presque dispendieux aux yeux des décideurs. Une source résume crûment l’enjeu : organiser un congrès reviendrait à « faire des discours, la fête, danser, dépenser de l’argent ». Or, le parti a d’abord besoin de s’enraciner solidement sur le terrain. Ainsi, la priorité affichée reste résolument l’implantation territoriale, pas la célébration.
Six provinces conquises, trois chantiers en suspens
Sur le terrain, le travail avance, mais reste inachevé. Le secrétaire général a parcouru six des neuf provinces du Gabon. Toutefois, l’Ogooué-Maritime, la Nyanga et le Woleu-Ntem attendent encore leurs cellules de base. Tant que ce maillage territorial n’est pas bouclé, un congrès n’aurait guère de sens, soutient-on à l’UDB. Le parti préfère donc consolider ses fondations avant d’envisager toute célébration nationale.
Derrière l’argument structurel, une bataille de pouvoir
Néanmoins, une autre lecture se dessine en coulisses. Selon un membre du parti, le congrès aurait été poussé par des opposants discrets au secrétaire général Mays Mouissi. Ces derniers convoiteraient ouvertement son poste stratégique. Le congrès, dans cette hypothèse, aurait offert le cadre idéal d’une recomposition au sommet. D’ailleurs, la tournée d’implantation aurait été « financièrement compliquée, du fait des luttes de couloir ». L’argent, ici, raconte une autre histoire que les discours officiels.
Une rivalité étouffée, mais pas éteinte
Finalement, en écartant le congrès, l’arbitrage présidentiel conforte la position de Mays Mouissi. Il coupe court, pour l’heure, à toute manœuvre de déstabilisation interne. Cependant, la rivalité couve encore sous la cendre du parti. Officiellement, l’heure reste à l’implantation territoriale et au travail de terrain. En interne, la question du Secrétariat général demeure une bombe à retardement, soigneusement désamorcée mais jamais désactivée.







































