Le vendredi 24 avril 2026, le Réseau Femme Lève-toi (REFLET) a organisé une conférence de presse à la Baie des Rois à Libreville pour diffuser son rapport de plaidoyer STOP-VBG. L’objectif : assurer la visibilité nationale du rapport et favoriser l’appropriation de ses recommandations par les acteurs institutionnels, opérationnels et médiatiques.
Un événement de haut niveau en présence des partenaires internationaux
La cérémonie a réuni de nombreuses autorités, notamment les ambassadeurs d’Espagne et d’Allemagne, des représentants de l’ambassade de France, des cadres du ministère de la Justice, ainsi que des responsables d’associations et d’ONG engagées dans la protection de la femme et de l’enfant. L’événement s’inscrit dans le cadre du projet ACT BVG, cofinancé par l’Union européenne et l’ambassade de France.
« L’Union européenne est fortement engagée dans la lutte contre les violences faites aux femmes, tant dans sa politique intérieure qu’extérieure. Le plaidoyer est fondamental vis-à-vis de toutes les parties prenantes, autorités nationales, magistrats, structures de santé, société civile. Il reste encore beaucoup de travail, notamment sur la communication, la sensibilisation et la coordination entre services. » — Luca Rondi, chef d’équipe coopération, délégation de l’Union européenne au Gabon

La loi 006/2021 : un cadre existant, mais insuffisamment appliqué
Si le Gabon dispose depuis 2021 d’une loi spécifique contre les VBG, la loi N°006/2021, et d’outils institutionnels tels que le Centre Gabon Égalité, un numéro vert et des points focaux genre dans les commissariats et tribunaux, les experts présents ont pointé des lacunes persistantes.
« Il y a une absence de coordination formalisée entre les structures, ce qui ne facilite pas une prise en charge efficiente des victimes. Il faudrait renforcer les synergies entre acteurs, mais aussi les moyens financiers des structures d’accompagnement psychologique, sanitaire, juridique et sécuritaire. » — Nelly, consultante du Cabinet Elam.
La question épineuse de l’application des décisions de justice
Une journaliste a interpellé les intervenantes sur la faiblesse des sanctions prononcées contre les auteurs de violences. La consultante a confirmé que ce point est traité dans le rapport.
« Nous avons relevé la faible exécution des décisions de justice. Il faudrait renforcer l’opérationnalisation des mécanismes de suivi par la désignation de personnel dédié et des ressources matérielles adaptées. » a déclaré Nelly, consultante du Cabinet Elam

REFLET appelle à une mobilisation nationale pérenne
Édith Liliane Mekina, vice-présidente du REFLET, a insisté sur la nécessité d’aller au-delà des partenariats internationaux pour ancrer ce combat dans les institutions gabonaises elles-mêmes.
« Nous devons aller vers l’Assemblée nationale et le Sénat pour que des lois soient votées. Nous voulons que les Gabonais prennent à cœur ce combat, même sans le soutien de nos partenaires techniques et financiers », a interpellé Édith Liliane Mekina, vice-présidente du REFLET.
La représentante du ministère de la Justice a par ailleurs annoncé la mise en place d’un bureau d’assistance judiciaire pour soutenir les femmes économiquement vulnérables dans leurs démarches, et rappelé que la loi prévoit la prise en charge des frais médicaux des mineurs victimes par le Trésor public , une disposition encore trop peu appliquée sur le terrain.
Les principales recommandations du rapport STOP-VBG
- Mettre en place un protocole standardisé de prise en charge des survivant(e)s dans les structures de santé
- Faciliter l’accès au certificat médical pour les victimes
- Initier une révision ciblée de la loi N°006/2021 et harmoniser les textes législatifs
- Opérationnaliser l’aide juridictionnelle et élaborer des directives administratives claires
- Mettre en œuvre un programme de formation continue et déployer un programme national de vulgarisation de la loi
Ce rapport de plaidoyer marque une étape importante dans la mobilisation collective contre les violences basées sur le genre au Gabon. REFLET entend désormais porter ses recommandations directement auprès du Parlement gabonais afin d’obtenir des avancées législatives durables et indépendantes des financements extérieurs.


























