Macky Sall est le seul représentant africain parmi les quatre prétendants au poste de secrétaire général de l’ONU. Sa candidature se distingue également par un parcours entièrement extérieur à l’institution onusienne. Là où ses concurrents peuvent s’appuyer sur une expérience interne à l’organisation, l’ancien chef d’État sénégalais mise sur son bilan politique national et international pour convaincre les États membres.
Lors de son audition devant l’Assemblée générale, il a tenu à se positionner au-delà des clivages Nord-Sud : « Je ne suis pas ici simplement comme une voix du Sud s’immisçant dans les affaires du Nord », a-t-il affirmé. Selon lui, après plusieurs mandats de secrétaires généraux issus du Nord, la légitimité d’une candidature africaine s’impose d’elle-même, à condition de choisir la personne la plus apte à diriger l’organisation dans le contexte mondial actuel.
L’absence de soutien africain, principal obstacle à sa candidature
Malgré sa légitimité symbolique en tant qu’unique candidat africain, Macky Sall se heurte à un revers de taille sur le continent : sa candidature, portée par le Burundi, ne bénéficie pas du soutien officiel de l’Union africaine. Pire, vingt États membres de l’UA, dont le Sénégal lui-même; se sont prononcés contre sa démarche, révélant des fractures profondes au sein du bloc continental.
Face à ces réticences, l’ancien président a choisi d’invoquer la lettre de la Charte des Nations unies : « Pour être candidat, il suffit d’être parrainé par un État membre. Idéalement, ce soutien émane de votre propre pays, mais son absence ne saurait constituer un obstacle », a-t-il déclaré, sur un ton mêlant pragmatisme et défi assumé. « Je ne suis pas superstitieux », a-t-il ajouté.
Une désignation attendue à l’automne 2025 pour une prise de fonctions en 2027
Le processus de sélection du prochain secrétaire général de l’ONU suit un calendrier précis. La désignation officielle est attendue à l’automne 2025, pour une entrée en fonctions fixée au 1er janvier 2027, à l’issue du second mandat d’António Guterres. D’ici là, les tractations diplomatiques entre grandes puissances s’annoncent décisives.
Les équilibres régionaux, les jeux d’influence au Conseil de sécurité et la capacité des candidats à rallier des soutiens transrégionaux pèseront lourdement dans la balance. Pour Macky Sall, l’enjeu est double : convaincre les capitales occidentales de sa stature de dirigeant mondial tout en réconciliant une Afrique divisée sur sa propre candidature.


























