La tension continue de monter au Moyen-Orient, où l’Iran et les États-Unis échangent désormais des avertissements d’une rare intensité. Téhéran a annoncé qu’il répondrait par des actions « beaucoup plus dévastatrices » si de nouvelles frappes visaient des infrastructures civiles sur son territoire, un signal qui confirme que la crise actuelle s’enfonce dans une spirale dangereuse.
Dans un communiqué diffusé ce mardi, le porte‑parole du commandement militaire iranien a prévenu que toute attaque contre des zones non militaires entraînerait une riposte « élargie » et susceptible de provoquer des dégâts « multipliés ». Cette déclaration intervient alors que les opérations offensives se succèdent depuis plus d’un mois, sans qu’aucune perspective de désescalade ne se dessine.
Le président américain a, de son côté, laissé entendre que les États-Unis pourraient désormais cibler des infrastructures civiles stratégiques notamment des ponts et des centrales électriques si l’Iran ne rouvre pas totalement le passage dans le détroit d’Ormuz. Cette voie maritime, essentielle au transport mondial d’hydrocarbures, est devenue l’un des principaux points de friction entre les deux pays.
La réaction iranienne a été immédiate. Mohammad Bagher Ghalibaf, président du Parlement, a accusé Washington de suivre les orientations du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, estimant que cette stratégie risquait d’embraser l’ensemble de la région.
Cette rhétorique guerrière a eu des répercussions directes sur les marchés. À la reprise des échanges après le week‑end pascal, les investisseurs ont affiché leur inquiétude. Le Brent et le WTI se sont stabilisés autour de 110 dollars le baril, un niveau qui reflète la crainte d’une perturbation durable de l’approvisionnement mondial.
Même l’annonce d’une nouvelle augmentation de production par la Russie, l’Arabie saoudite et plusieurs membres de l’Opep+ n’a pas suffi à apaiser totalement les tensions.
Entré dans son 38ᵉ jour, le conflit ne montre aucun signe de ralentissement. Hier encore, l’Iran a lancé des missiles et drones en direction d’Israël, du Koweït et des Émirats arabes unis. L’armée israélienne a répliqué par une nouvelle série de frappes contre des cibles situées en territoire iranien.
Alors que les deux camps maintiennent une posture offensive, les analystes redoutent une extension du conflit à d’autres pays de la région, avec des conséquences potentiellement lourdes pour la stabilité internationale et l’économie mondiale.


























