Yaoundé, le 20 mars 2026 — Le verdict est tombé comme un couperet dans une affaire qui a profondément bouleversé l’opinion publique camerounaise. Le Tribunal de grande instance du Mfoundi a condamné, ce mercredi 18 mars, Dagobert Nwafo à la peine de mort par fusillade pour l’assassinat du jeune Mathys Ouandji, baptisé « Bébé Mathys » âgé de 5 ans.
Présidé par la magistrate Gertrude Ekassi, le collège de juges a également assorti cette décision d’une condamnation pécuniaire particulièrement lourde : 500 millions de francs CFA au titre des dommages et intérêts, ainsi que 25 millions de francs CFA pour les dépens. Les faits, d’une rare violence, remontent à une altercation survenue au domicile familial dans le quartier Ngoa-Ekelle, à Yaoundé, au cours de laquelle l’accusé a porté plusieurs coups de poignard à l’enfant.
Au-delà de l’horreur du crime, la portée de ce jugement dépasse le strict cadre judiciaire. Cette condamnation intervient dans un contexte où la peine de mort, bien que toujours inscrite dans l’arsenal juridique camerounais, n’est plus appliquée de manière effective depuis 1997. Depuis lors, un moratoire de fait s’est installé, les sentences capitales étant généralement commuées ou laissées inexécutées.
Ainsi, la décision rendue dans cette affaire relance avec acuité le débat sur l’opportunité et la réalité de l’application de la peine capitale au Cameroun. Entre exigence de justice face à des crimes particulièrement odieux et impératifs liés au respect des droits humains, la société camerounaise se retrouve une nouvelle fois confrontée à une question fondamentale : celle de la place de la sanction ultime dans un État de droit moderne.
Dans l’immédiat, ce verdict sur le meurtre Bébé Mathys marque une réponse judiciaire d’une extrême fermeté. Mais il ouvre également une séquence de réflexion plus large, où se croisent émotion collective, politique pénale et engagements internationaux en matière de droits fondamentaux.

























