Le dernier rapport de Nairametrics, publié le 15 février 2026, a placé le Gabon dans le top 10 des pays africains où le gasoil est le plus abordable. Avec un prix moyen de 1 044 $US le litre (≈ 575 FCFA), le pays se hisse en dixième place derrière des géants comme la Libye ou l’Algérie, dominés par des subventions massives ou des raffineries locales performantes. Cette position est d’autant plus remarquable qu’elle place l’Afrique centrale parmi les rares États à figurer dans ce classement, souvent réservé aux nations productrices d’Afrique du Nord.
Selon Direct Infos Gabon, le prix attractif du gasoil est à la fois la fierté et la faiblesse du Gabon. D’une part, il maintient un pouvoir d’achat favorable pour les transports publics et l’industrie du BTP, secteurs vitaux pour la croissance intérieure. D’autre part, il s’appuie sur une politique de subventions étatiques qui alimente un déficit budgétaire croissant et fragilise la balance des paiements.
La Loi de finances 2026 marque donc un tournant décisif : les autorités ont annoncé une réduction progressive des subventions pétrolières afin de réconcilier les prix à la pompe avec les réalités du marché international, tout en préservant l’équilibre budgétaire. Ce processus de désengagement est délicat ; il risque d’alourdir les coûts pour les ménages et les entreprises si aucune mesure compensatoire n’est mise en place.
La diminution des subventions sur le gasoil aura un impact direct sur les dépenses publiques et sur la compétitivité industrielle. Les entreprises de transport devront absorber une hausse de coûts qui pourrait se traduire par une augmentation des prix à la consommation et un ralentissement de l’activité économique locale. En parallèle, le gouvernement devra se tourner vers d’autres sources de revenus – taxation accrue ou diversification économique – pour pallier la perte de recettes subventionnelles.
Cependant, cette transition offre également une opportunité stratégique : en alignant progressivement les prix du gasoil sur le marché mondial, le Gabon peut attirer des investissements étrangers dans son secteur énergétique et renforcer sa position en tant qu’acteur neutre sur le plan fiscal.
Le classement Nairametrics illustre bien l’équilibre précaire que doit maintenir le Gabon : continuer à offrir un gasoil abordable tout en gérant un déficit budgétaire qui approche de ses limites maximales. La réussite dépendra d’une gouvernance rigoureuse, d’une surveillance accrue des dépenses publiques et d’une communication transparente avec les citoyens pour expliquer les bénéfices à long terme d’une politique énergétique plus durable.
En fin de compte, la position du Gabon dans ce top 10 n’est pas seulement un indicateur de prix bas, mais le reflet d’un pays à la croisée des chemins : entre le confort immédiat offert par des subventions généreuses et la nécessité impérieuse d’un modèle économique plus soutenable à long terme.


























