Le communiqué de presse publié par la SEEG le 12 février 2026, annonçant des travaux de réparation sur la conduite DN 1000 à Ntoum et une interruption de la distribution d’eau dans le Grand Libreville, mérite une critique sévère. Non pas parce que les travaux sont inutiles – ils sont évidemment nécessaires –, mais parce que la manière dont l’entreprise communique traduit une incapacité chronique à assumer ses responsabilités et à convaincre ses usagers.
Premièrement, le texte est d’une sécheresse bureaucratique. Il se limite à annoncer une coupure d’eau de 09h00 à 14h00, sans contextualiser ni expliquer l’origine des fuites. Les habitants, qui subissent régulièrement des perturbations, auraient attendu des précisions sur la vétusté des installations, sur les mesures de prévention ou sur un plan global de modernisation. En l’absence de ces informations, le communiqué ressemble à une simple notification administrative, déconnectée des réalités vécues par les citoyens.
Deuxièmement, la SEEG adopte une posture paternaliste en remerciant sa clientèle pour sa « bonne compréhension ». Or, cette formule sonne creux. Les usagers n’ont pas besoin d’être remerciés pour leur patience ; ils réclament des garanties et des résultats. La confiance est déjà largement entamée par des années de coupures intempestives et de factures jugées disproportionnées. Ce type de langage entretient un fossé entre l’entreprise et ceux qu’elle est censée servir.
Enfin, ce communiqué illustre un problème structurel : l’absence de vision. Réparer une fuite est une opération ponctuelle, mais elle ne répond pas à la question centrale : quand la SEEG proposera-t-elle une stratégie durable pour assurer un service continu et fiable ? Tant que l’entreprise se contentera de messages laconiques et défensifs, elle restera prisonnière d’une image négative.
Ce texte n’est pas une véritable communication de service public, mais un aveu implicite d’impuissance. Les habitants du Grand Libreville n’attendent pas des mots convenus, mais une réforme profonde et des actes concrets. La SEEG, en persistant dans cette approche minimaliste, confirme son incapacité à regagner la confiance perdue.


























