Le Gabon franchit une nouvelle étape dans la régulation de son secteur alimentaire. L’Agence gabonaise de sécurité alimentaire (AGASA) a annoncé que toute personne souhaitant vendre de la nourriture de rue devra désormais suivre une formation obligatoire aux bonnes pratiques d’hygiène alimentaire et environnementale. Cette décision, entrée en vigueur le 28 janvier 2026, marque un tournant majeur pour un secteur populaire mais souvent critiqué pour ses manquements aux normes sanitaires.
La « street food » est devenue au fil des années un pilier de l’économie informelle gabonaise, offrant des repas accessibles à des milliers de citoyens. Mais derrière cette vitalité économique se cachent des risques sanitaires récurrents : intoxications alimentaires, absence de contrôle sur la chaîne de préparation et manque de respect des règles d’hygiène. En imposant cette formation, l’AGASA entend réduire ces dangers et garantir aux consommateurs des produits plus sûrs.
Cette réforme interpelle directement les vendeurs de rue, qui devront désormais investir dans leur professionnalisation. Si certains y voient une contrainte, il s’agit avant tout d’une opportunité : celle de valoriser leur activité, de gagner en crédibilité et de fidéliser une clientèle soucieuse de sa santé. Mais cette exigence ne peut réussir sans un accompagnement fort des autorités. Les pouvoirs publics doivent veiller à ce que la formation soit accessible, abordable et adaptée aux réalités des petits commerçants.
Au-delà de la santé publique, cette mesure traduit une volonté patriotique de moderniser le secteur alimentaire et de renforcer la confiance des citoyens dans les institutions. Elle s’inscrit dans une dynamique plus large de régulation de l’économie informelle, qui représente une part importante de l’activité nationale. Les contrôles annoncés par l’AGASA devront être rigoureux, mais aussi pédagogiques, pour éviter que cette réforme ne soit perçue comme punitive.
Le Gabon ne peut tolérer que la nourriture consommée quotidiennement par des milliers de familles échappe aux règles élémentaires d’hygiène. Les commerçants doivent prendre conscience que leur rôle dépasse la simple vente : ils participent à la santé de la nation. Quant aux autorités, elles doivent garantir que cette réforme soit appliquée avec justice et efficacité.
Cette obligation de formation à l’hygiène alimentaire est un pas décisif vers une société plus responsable et plus protectrice. Elle interpelle chacun vendeurs, consommateurs et institutions à contribuer à un Gabon où la sécurité alimentaire devient une fierté nationale.


























