Dans une longue déclaration prononcée le 25 janvier 2026, l’opposant Albert Ondo Ossa a livré une analyse rigoureuse et sans détour de la crise qui paralyse le secteur éducatif gabonais depuis près d’un mois. Sa prise de parole, dense et structurée, s’apparente à une radiographie d’un système qu’il juge malade, mêlant diagnostic historique, propositions sociales et dénonciation politique frontale. À travers ce discours, il s’érige en lanceur d’alerte face à ce qu’il qualifie d’ «État voyou ».
«Les autorités actuelles, à l’image de celles d’hier, répondent par des argusies, des intimidations, des propos délirants, par des faux-fuyants, par la diversion et même par la corruption des leaders syndicaux ou encore par des arrestations arbitraires et injustes qui sont plus fréquentes aujourd’hui qu’hier», déclare-t-il, dénonçant l’ «incompétence notoire du putschiste en chef qui a du mal à faire la différence entre la caserne et l’administration publique, entre la discipline militaire et la gestion démocratique d’un État».
L’opposant remonte le fil du temps pour illustrer l’érosion du prestige enseignant. «un enseignant du primaire pouvait s’acheter sans problème un véhicule». Mais selon lui, «à partir de la fin des années 1970, à la faveur du boom pétrolier, le système Bongo-PDG s’est vite emballé avec son lot de promotions ridicules, son népotisme, son favoritisme provincial, au point que le mode de vie ostentatoire des nouveaux riches, sans mérite et bien souvent sans grande qualification, a enlevé toute crédibilité à l’école».
Pour Albert Ondo Ossa, la revendication dépasse le salaire. «En vérité, la revendication des enseignants dénonce une mauvaise structuration de la société au profit des non-méritants, des paresseux, des parvenus, une répartition injuste et inéquitable des fruits de la croissance, en fait un système unique qui privilégie parents, copains et coquins et qui met l’éducation au dernier rang de la société».
Il propose «l’ajustement par les quantités» reposant sur des mesures sociales précises et une «régularisation séquentielle des situations administratives, mensuelles, trimestrielles, semestrielles, en fonction des dispositions réelles des ressources de l’État».
Sur le plan syndical, il appelle à «des nouvelles structures représentatives fiables dans lesquelles les enseignants se reconnaissent et non celles polluées et infiltrées par le pouvoir PDG-UDB», estimant que «Force est de reconnaître qu’une telle démarche va bien au-delà des capacités du pouvoir putschiste, fondamentalement roublard, arc-bouté sur ses petits intérêts égoïstes, sectaires et tribalistes.»
Il accuse enfin le régime d’avoir envoyé «des barbouzes en France pour tenter de me compromettre et de m’éliminer par empoisonnement», révélant qu’«une importante somme d’argent, près de 800 millions de francs CFA, a été décaissée alors que les Gabonais ont des problèmes d’eau et d’électricité». Il conclut : «Le principal problème du putschiste en chef n’est pas Ondo Ossa, mais son propre mode de fonctionnement qui appauvrit tout un peuple et détruit notre beau pays». Puis projette l’espoir : «Je rêve d’une nouvelle génération de Gabonais plus équilibrés, plus sobres, non corrompus, fiers de leur formation et de leur valeur». Et d’affirmer : «Nous avons toutes les raisons d’y croire, aujourd’hui plus qu’hier. Le changement a déjà commencé. Le reste prendra forme dès bientôt, dès que nous serons là».

























