La rencontre tenue ce 6 janvier 2026 entre le ministre de l’agriculture, de l’élevage et du développement rural, monsieur Pacôme Kossy, et les responsables de l’administration centrale, des structures sous tutelle ainsi que les représentants syndicaux, dépasse le simple rituel protocolaire de prise de fonction. Elle s’inscrit dans un contexte socio-politique où l’action publique est de plus en plus scrutée, et où les attentes des populations, notamment rurales, se font pressantes.
Dans un pays où l’agriculture demeure à la fois un pilier économique sous-exploité et un enjeu majeur de souveraineté alimentaire, cette première rencontre apparaît comme un signal politique fort : celui d’un ministère qui entend se remettre en ordre de bataille. En ouvrant d’emblée le dialogue avec les forces vives de son administration, le ministre Pacôme Kossy affiche une méthode fondée sur l’écoute, la concertation et la responsabilisation collective.
Les propos tenus par le Directeur de cabinet et le Secrétaire général adjoint, Madame Micheline Schummer Gnandji, ont souligné cette volonté commune de rompre avec l’isolement décisionnel. Le discours est clair : sans une administration mobilisée, disciplinée et consciente de sa mission, aucune réforme agricole ne peut produire de résultats durables. Derrière les formules de courtoisie, se dessine une exigence de performance et de cohésion, dans un secteur longtemps confronté à la dispersion des efforts et à l’insuffisance de coordination.
En appelant à la rigueur, à l’assiduité et à l’efficacité, le ministre Pacôme Kossy ne s’adresse pas seulement à ses collaborateurs directs. Il envoie un message plus large à l’opinion publique : celui d’un État qui veut reprendre la main sur ses politiques sectorielles, dans un contexte de transition où chaque département ministériel est attendu sur des résultats concrets. La demande faite aux responsables de présenter une fiche synthétique de leurs services traduit une approche méthodique, presque cartographique, de l’action administrative, connaître pour mieux agir.
Sur le plan socio-politique, cette rencontre révèle une réalité souvent tue : l’agriculture n’est pas qu’une affaire de champs et de cheptel, elle est aussi une affaire de gouvernance, de discipline administrative et de confiance entre décideurs et exécutants. À l’heure où les campagnes attendent des réponses en matière d’emploi, de revenus et de sécurité alimentaire, la performance du ministère devient un enjeu de stabilité sociale.
Ainsi, cette prise de contact sonne comme un rappel à l’ordre autant qu’un appel à l’engagement. Elle marque l’amorce d’un nouveau cycle où l’administration est appelée à redevenir un levier, et non un frein, au développement rural.
Comme le dit un proverbe de Lambaréné : « Quand la pirogue connaît son rameur, le fleuve n’effraie plus. »


























