Libreville, le 02 décembre 2026- La suspension de la sélection nationale Les Panthères du Gabon, consécutive à l’échec retentissant de la CAN 2025 et à la dissolution du staff technique, continue de produire ses ondes de choc. Dans le silence assourdissant qui a longtemps entouré la gestion de l’équipe nationale, des voix se délient enfin. Et certaines révélations, lourdes de sens, jettent une lumière crue sur des pratiques qui, si elles sont confirmées, constituent une faute morale et sportive d’une extrême gravité.
L’ancien gardien international de la sélection nationale Les Panthères du Gabon, Jean-Noël Amonome, sort aujourd’hui de sa réserve. Son témoignage est précis, circonstancié, et profondément troublant. Contrairement à la version officiellement avancée par l’ex-sélectionneur Thierry Mouyouma , évoquant des raisons administratives, Amonome affirme que son éviction de la sélection nationale serait directement liée à son refus d’adhérer à une agence de joueurs appartenant… au sélectionneur lui-même.
Une affirmation qui, à elle seule, fait vaciller l’édifice
Selon le joueur, son dossier était irréprochable : validé par la CAF et la FIFA, complété par l’ensemble des pièces officielles exigées, et déjà éprouvé lors de compétitions majeures, dont la CAN. Plus encore, l’ironie de la situation frôle l’indécence : Thierry Mouyouma aurait lui-même accompagné Jean-Noël Amonome dans son processus de naturalisation lorsqu’il officiait au 105 FC. Ce qui fut alors un soutien technique et humain se serait mué, une fois à la tête des Panthères, en moyen de pression.
Si ces faits sont établis, ils révèlent une dérive grave : celle d’un sélectionneur confondant mission nationale et intérêts privés. L’équipe nationale, symbole de l’unité et du mérite sportif, aurait été transformée en levier d’influence, où la performance cède le pas à l’allégeance, et où le talent devient secondaire face à la proximité personnelle.
Ce soupçon de conflit d’intérêts n’est pas anodin. Il remet en cause la crédibilité des choix sportifs opérés ces dernières années, mais aussi les résultats eux-mêmes. Comment bâtir une sélection compétitive lorsque la sélection des joueurs obéit à des critères opaques, étrangers à l’éthique sportive ?
Comment expliquer l’amateurisme criant observé lors de la CAN 2025, absence de matchs amicaux préparatoires, désorganisation logistique, incertitudes autour de l’équipementier, sans interroger la gouvernance globale du staff technique ?
Le cas Amonome, loin d’être isolé selon plusieurs sources concordantes, semble illustrer un système plus vaste : celui du « mérite par affinité ». Un mal profondément enraciné, qui dépasse le football et gangrène l’administration publique gabonaise, freinant toute dynamique de transparence, de justice et de performance.
Le football, miroir grossissant de la société, révèle ici une vérité dérangeante : tant que les postes de responsabilité seront utilisés comme des propriétés personnelles, tant que les institutions serviront des réseaux plutôt que la nation, les échecs sportifs ne seront que la conséquence logique d’un mal plus profond.
La suspension des panthères ne doit donc pas être perçue comme une simple sanction sportive, mais comme une opportunité historique : celle de nettoyer les écuries, de séparer clairement les intérêts privés des responsabilités publiques, et de redonner au maillot national sa valeur sacrée.
Car une sélection nationale n’est ni une agence de placement, ni un outil de revanche personnelle. Elle est, ou devrait être, l’expression la plus pure du mérite, du travail et de l’excellence au service du pays.












































