Minvoul, département du Woleu-Ntem, est au cœur d’une affaire qui suscite l’indignation. Ce qui devait être un simple acte citoyen s’est transformé en une situation inquiétante, aux allures de traque. Tout est parti d’une vidéo devenue virale : un jeune fils de Minvoul y dénonce, avec calme et sans propos injurieux, le retard des travaux de l’hôpital départemental, un chantier vital pour les populations locales.
Dans un État de droit, une telle interpellation devrait logiquement entraîner une réaction administrative, voire accélérer l’exécution des travaux. Mais à Minvoul, c’est une tout autre dynamique qui semble s’être enclenchée. Peu après la diffusion de sa vidéo, le jeune homme aurait reçu des appels évoquant une convocation à la Direction générale des recherches (DGR). Craignant pour sa sécurité, il a préféré se mettre à l’abri en regagnant la province.
Les événements ont pris une tournure plus grave cette semaine. Des individus se présentant comme des agents de la DGR, en civil, se seraient rendus au domicile familial. Munis de cartes professionnelles, ils auraient exigé que le jeune soit livré, allant jusqu’à proférer des menaces et laissant entendre que de « sérieux problèmes » l’attendaient s’il ne se présentait pas.
Cette situation à Minvoul soulève des interrogations fondamentales : depuis quand dénoncer le retard d’un chantier hospitalier constitue-t-il un délit ? Quel texte de loi criminalise la parole citoyenne ? L’opinion publique s’inquiète, car si pointer l’immobilisme d’un projet public expose désormais un Gabonais à la peur et aux menaces, c’est toute la liberté d’expression qui vacille.
La société civile, les autorités et les partenaires internationaux sont interpellés. Le silence face à une telle paffaire serait une complicité. La clarification est urgente. Car un État fort ne réduit pas au silence ses citoyens : il les écoute.


























