Libreville, 19 décembre 2025 — Le gouvernement gabonais a décidé de réformer en profondeur la gestion du gisement de fer de Belinga. En supprimant le Haut-Commissariat qui en avait la charge, l’exécutif met en place une Task-force directement rattachée à la Présidence de la République. Cette initiative vise à contourner les lourdeurs administratives et à reprendre le contrôle des décisions stratégiques, afin d’accélérer la réalisation des infrastructures minières, portuaires et énergétiques nécessaires à ce projet crucial pour la souveraineté industrielle du pays.
Le projet de décret présenté en Conseil des ministres souligne la nécessité de rationaliser l’action publique. Les missions du Haut-Commissariat seront désormais réparties entre trois départements : la coordination technique et le suivi des activités minières, la supervision des projets ferroviaires et portuaires, et le développement des infrastructures électriques. L’objectif est clair : garantir plus de cohérence, éliminer les doublons administratifs et optimiser les ressources publiques.
En remplacement de l’ancienne structure, la nouvelle Task-force, placée sous l’autorité directe du chef de l’État, devient l’organe central du pilotage politique. Sa mission englobe le développement de la mine de fer, la construction du port minéralier de Kobe-Kobe et l’acheminement par rail vers ce port, ainsi que les centrales hydroélectriques associées.
Dr Mamadou Nziengui, économiste spécialisé dans les industries extractives, souligne que cette réforme « traduit une volonté d’intégration verticale ». Selon lui, l’État cherche à éviter les retards et surcoûts liés à une coordination inefficace entre les différents secteurs. Ce modèle de Task-force permet également de parler d’une seule voix face aux bailleurs internationaux, garantissant ainsi un calendrier d’exécution plus fiable.
La structure comptera un Coordonnateur général, un adjoint, des représentants de la Présidence et des ministères concernés, ainsi que des experts sectoriels. Avec un Secrétariat technique permanent, la Task-force pourra créer des commissions spécialisées et exigera un soutien total des administrations publiques. Pour garantir la transparence, elle devra rendre des rapports trimestriels et annuels au Chef de l’État.
Cette réforme arrive à un moment crucial pour le gisement de Belinga, considéré comme un levier essentiel pour la transformation économique du Gabon. Le succès de cette nouvelle gouvernance, plus agile et contrôlée, dépendra de sa capacité à attirer des investissements significatifs et à rassurer les partenaires financiers.
Le compte à rebours est lancé, et tous les regards sont désormais tournés vers cette Task-force. Reste à voir si cette concentration des responsabilités au sommet de l’État permettra de surmonter les obstacles qui ont longtemps freiné l’exploitation de Belinga et d’en faire un pilier de la souveraineté minière du Gabon. Souhaites-tu approfondir un aspect particulier de cette réforme ou explorer ses implications économiques pour le pays ?


























