Ce jeudi 11 décembre 2025, le gouverneur de la Ngounié, Francis Oyinamono, a officiellement installé le préfet de la Louetsi-Wano, Euloge Parfait Mombo Moukaga, en qualité de président du Comité de recensement de la population et des logements (C.R.P.G). Cet acte administratif marque une étape importante dans la mise en place du dispositif censé conduire le recensement général de la population et des logements, une opération stratégique pour le Gabon.
Malgré l’annonce du lancement du recensement depuis plusieurs mois, l’opération peine à démarrer, y compris dans la Louetsi-Wano. Les délégations provinciales ne sont pas encore mobilisées et les réunions du Comité national sont suspendues. Cette inertie nourrit les inquiétudes, car le pays ne dispose plus de données fiables sur sa population et son parc de logements. Le dernier recensement remonte à 2013, établissant la population gabonaise à 2,2 millions d’habitants. Douze ans plus tard, l’absence de statistiques actualisées fragilise la planification des politiques publiques.
Le recensement ne se limite pas à un simple décompte des habitants. Il vise à fournir des informations précises sur la répartition spatiale de la population, les dynamiques migratoires et les besoins en logements. Ces données sont essentielles pour orienter les choix gouvernementaux en matière d’éducation, de santé, d’infrastructures et d’aménagement du territoire. Elles permettent également de mieux anticiper les pressions démographiques et de répondre aux attentes des partenaires internationaux, tels que l’ONU ou la Banque mondiale, qui s’appuient sur ces chiffres pour calibrer leurs appuis financiers et techniques.
En confiant la présidence du comité local à Euloge Parfait Mombo Moukaga, les autorités entendent donner une impulsion nouvelle au processus dans la Ngounié. La Louetsi-Wano avec Lébamba pour chef lieu départemental devient ainsi un terrain d’expérimentation pour relancer une opération nationale en suspens. Le défi est de taille : mobiliser les équipes, sensibiliser les populations et garantir la fiabilité des données collectées.
L’installation de ce comité local est perçue comme un signal positif, mais elle ne suffira pas à elle seule à débloquer le processus. Les observateurs soulignent que seule une coordination efficace entre le niveau national et les comités provinciaux permettra de mener à bien ce recensement. Dans un contexte où les besoins en infrastructures et en services sociaux sont croissants, disposer de données actualisées apparaît comme une condition sine qua non pour bâtir des politiques publiques adaptées et durables.


























