Oyem, décembre 2025 – Une affaire aux contours dramatiques secoue la ville d’Oyem et relance le débat sur les limites de la légitime défense et le recours à la justice privée. Un enseignant risque des poursuites judiciaires après avoir sectionné deux doigts à un cambrioleur présumé Jean-Guy Ndong Ondo surpris à son domicile.
Les faits se sont déroulés le 30 novembre dernier, en pleine journée. Jean-Guy Ndong Ondo, présenté comme l’auteur présumé d’une tentative de cambriolage, aurait été surpris à l’intérieur du domicile de l’enseignant. Selon les informations recueillies, le jeune homme aurait brandi une machette afin de menacer le propriétaire et tenter de prendre la fuite. Une altercation s’en est suivie, au cours de laquelle l’enseignant est parvenu à maîtriser son agresseur.
Toutefois, l’incident a pris une tournure tragique après la neutralisation du suspect. Au lieu d’attendre l’arrivée des forces de l’ordre, le propriétaire des lieux se serait emparé de la machette utilisée par le cambrioleur pour lui sectionner l’index et le majeur de la main droite. Une mutilation grave, infligée alors que l’individu ne représentait plus, selon les éléments connus, une menace immédiate.
Pris en charge à l’hôpital d’Oyem, Jean-Guy Ndong Ondo a reçu des soins médicaux avant d’être placé sous mandat de dépôt à la prison centrale de la ville pour tentative de vol et port d’arme blanche. L’enseignant, quant à lui, pourrait également faire l’objet de poursuites pénales.
Sur le plan juridique, plusieurs spécialistes rappellent que la légitime défense, telle que définie par le droit pénal, ne saurait couvrir un acte de mutilation commis à froid sur une personne déjà maîtrisée. Si la défense est admise face à un danger immédiat, elle cesse dès lors que la menace disparaît. Toute sanction infligée en dehors du cadre légal constitue une infraction pénale.
Cette affaire suscite de vives réactions au sein de l’opinion publique. Certains habitants expriment leur compréhension face à la peur et à la colère provoquées par l’insécurité, tandis que d’autres rappellent la nécessité absolue de respecter l’État de droit. Pour les juristes, le principe demeure intangible : nul n’a le droit de se faire justice soi-même, quelles que soient les circonstances.
Au-delà des responsabilités individuelles, ce dossier met en lumière les tensions croissantes liées à l’insécurité et les risques de dérive lorsque la justice institutionnelle est remplacée par des actes de vengeance. Les autorités judiciaires devront désormais établir les responsabilités de chacun, dans le respect des lois et des droits fondamentaux.
L’affaire est toujours en cours d’instruction.
Par Darlyck Ornel Angwe












































