À Lambaréné, la fièvre électorale n’est pas retombée. Au contraire, elle brûle encore dans les mots amers de Paul-Marie Gondjout, candidat de l’Union Démocratique des Bâtisseurs (UDB), qui refuse de plier devant ce qu’il qualifie de “victoire volée”. Samedi 11 octobre 2025, dans le 1er siège de la commune, la Commission électorale provinciale du Moyen-Ogooué a proclamé la victoire de Madeleine Berre, candidate du Parti Démocratique Gabonais (PDG). Mais pour son adversaire battu, cette proclamation a le goût d’une injustice maquillée en triomphe.
Dimanche 12 octobre, face à la presse et à ses partisans réunis dans la ville du docteur Albert Schweitzer, Paul-Marie Gondjout a livré une déclaration vibrante, à la fois plainte et réquisitoire. Sa voix, chargée d’indignation, a dénoncé une “journée de la honte” marquée, selon lui, par des “manœuvres occultes et des pratiques d’un autre âge”. “Nous n’avons pas le droit de perpétuer, par la ruse, l’argent et la peur, un système PDG qui a fait de Lambaréné le théâtre de la misère et de la résignation”, a-t-il martelé, le regard sombre et la parole tranchante.
Les mots du ministre de la Communication résonnent comme une plainte d’homme blessé dans sa foi démocratique. Il évoque des scènes dignes d’un mauvais film politique : des consciences monnayées à la porte des bureaux de vote, des bons alimentaires troqués contre des promesses de fidélité, des veillées où les habitants auraient été contraints de jurer allégeance sous le poids de la peur et de la faim. “Ce n’était plus une élection, mais un marché de la misère, où le ventre a pris la place de la conscience”, a-t-il déploré, peignant une fresque désolante d’un scrutin vidé de sa noblesse.
Dans son discours, l’homme ne cache ni sa déception ni son courroux. Derrière la colère perce la douleur d’un citoyen qui voit la démocratie trahie, l’espoir populaire étouffé par les relents d’un passé qu’il croyait révolu. “Le 11 octobre restera dans nos mémoires comme le jour où la dignité de Lambaréné a été vendue à la criée, sous les yeux d’une population trompée par l’appât du gain”, a-t-il poursuivi, dénonçant les intimidations et menaces exercées contre ceux qui “ont osé croire au changement”.
Mais Gondjout n’entend pas s’arrêter aux lamentations. Son cri de douleur devient promesse d’action. Armé de documents et de témoignages, il affirme préparer un recours en annulation du scrutin, conformément aux articles 327 à 329 et 362 du Code électoral. “Je me réserve le droit de saisir la justice, car la démocratie ne peut prospérer sur la fraude et la peur. Lambaréné mérite la vérité des urnes, pas le simulacre de la victoire”, a-t-il conclu, visiblement déterminé à transformer sa colère en combat juridique.
Dans les ruelles de la ville, l’écho de ses mots continue de flotter comme une plainte obstinée. Lambaréné, blessée mais fière, attend désormais le verdict d’une justice que beaucoup espèrent enfin sourde à la ruse et fidèle à la vérité.


























