Depuis plusieurs mois, la ville de Moanda, poumon économique du Haut-Ogooué, est confrontée à une montée préoccupante de l’insécurité. Ce phénomène, autrefois sporadique, s’est intensifié au point de devenir une réalité quotidienne pour les habitants, les commerçants et les acteurs de la vie nocturne.
Le quartier Montagne-Sainte, notamment La Rue-Princesse, illustre cette dérive. Jadis haut lieu de divertissement, surnommé le « Las Vegas moandais » pour ses discothèques et son ambiance festive, il est aujourd’hui le lieu d’agressions, de vols, de trafic de stupéfiants et d’actes de violence. Les établissements de nuit, jadis florissants, voient leur clientèle fuir, découragée par l’insécurité ambiante. Certains ont fermé leurs portes, incapables de faire face à la menace constante.
Les forces de défense et de sécurité ont mené des opérations ponctuelles, aboutissant à l’arrestation de plusieurs dizaines d’individus impliqués dans des actes criminels graves. Mais ces actions, bien qu’efficaces à court terme, ne suffisent pas à enrayer durablement le phénomène. La criminalité semble se régénérer aussi vite qu’elle est réprimée.
Face à cette situation, une réponse plus globale s’impose. Il ne s’agit pas seulement de renforcer la présence policière, mais de s’attaquer aux racines du mal : le chômage des jeunes, le manque d’activités socioculturelles, l’absence de perspectives. Une politique de prévention, d’éducation et de réinsertion est indispensable pour restaurer la paix sociale. A quelques jours des élections locales les futures autorités auront du pain sur la planche à resoudre ce phénomène.
Moanda ne peut se permettre de sombrer dans une spirale de violence. Ville stratégique, elle mérite une attention particulière des autorités locales et nationales. Laisser l’insécurité s’installer durablement reviendrait à compromettre son développement, sa cohésion sociale et son attractivité économique.
Il est plus que temps d’agir. Les citoyens attendent des mesures concrètes, durables et inclusives. Moanda doit redevenir une ville sûre, vivante et prospère. L’urgence est réelle, la mobilisation doit être collective.


























