Ce 13 septembre 2025 la paisible localité d’Ouellé-Sucaf dans la province du Haut Ogooué a vécu un drame bouleversant : Ambroisine Mbonga, 58 ans, a perdu la vie, piétinée par un troupeau d’éléphants alors qu’elle récoltait des feuilles de manioc en brousse avec ses enfants. Ces derniers ont réussi à fuir, mais leur mère n’a pas eu cette chance. Son corps sans vie a été retrouvé quelques heures plus tard, sous le choc de la communauté locale.
Ce tragique événement relance avec force le débat sur le conflit homme-faune, devenu une réalité quotidienne dans plusieurs régions du Gabon. L’expansion des activités agricoles et la réduction des habitats naturels poussent les éléphants — espèce protégée mais de plus en plus présente dans les zones habitées à s’aventurer dangereusement près des populations.
Le Gabon abrite près de 60 % des éléphants de forêt d’Afrique, selon la wildlife conservation society. Si leur préservation est un enjeu écologique majeur, leur cohabitation avec les communautés rurales devient de plus en plus précaire. Les incursions se multiplient, les pertes agricoles s’accumulent, et les vies humaines sont désormais en danger.
Face à cette situation, les autorités locales et les Ong environnementales appellent à une stratégie nationale de gestion du conflit homme-faune, incluant :
La création de corridors écologiques pour canaliser les déplacements des éléphants.
L’installation de barrières de protection autour des zones agricoles sensibles.
La mise en place de systèmes d’alerte communautaires pour prévenir les intrusions.
Le décès d’Ambroisine Mbonga ne doit pas rester un fait divers. Il interpelle sur l’urgence d’un équilibre entre préservation de la biodiversité et sécurité des populations rurales. Il est temps que les politiques publiques intègrent pleinement cette problématique, pour que la faune ne soit plus une menace, mais un patrimoine partagé et respecté.
Ce drame est un appel à la vigilance, à la solidarité, et à l’action.


























