Hier, à l’hôtel Nomad de Libreville, s’est ouvert le Forum Économique Forestier du 8 au 9 septembre 2025, organisé par le ministère des Eaux et forêts et présidé par le Vice‑Président Alexandre Barro Chambrier. Réunissant gouvernement, partenaires internationaux et acteurs privés, le forum a mis en lumière un objectif clair : passer d’une forêt « exploitée » à une forêt « transformée », pour ancrer la filière bois au cœur d’une croissance de l’économie gabonaise forte et durable.
La dynamique engagée répond à plusieurs urgences. Sur le plan économique, la transformation locale du bois augmente la valeur ajoutée, stimule les PME locales et crée des emplois formels dans la scierie, l’ameublement et les industries connexes, diminuant ainsi la dépendance aux exportations de grumes. Socialement, la montée en qualité des chaînes de valeur favorise l’insertion professionnelle des jeunes et des femmes, et peut soutenir des filières de l’économie verte dans les zones rurales.
En matière environnementale, le forum sur l’économie issue de la forêt a rappelé que transformation ne doit pas rimer avec surexploitation : gestion durable, certification FSC, traçabilité via technologies numériques et renforcement des contrôles sont indispensables pour concilier production et conservation de la biodiversité.
De plus, valoriser les services écosystémiques (réduction des émissions, stock carbone) ouvre des opportunités de financement climatique et de partenariats internationaux.
Les intervenants ont aussi souligné les conditions requises pour réussir cette transformation : cadres réglementaires clairs, incitations fiscales temporaires, accès au crédit pour les artisans et PME, programmes de formation technique et managériale, ainsi que plateformes publiques‑privées pour l’innovation et la commercialisation. Sans ces mesures, le risque demeure d’une filière fragmentée et vulnérable à la concurrence informelle.
Le Forum Économique Forestier a posé des jalons prometteurs pour un Gabon où forêt et développement cohabitent. La transition vers la « forêt transformée » exigera un pilotage rigoureux, des financements ciblés et l’adhésion des communautés locales pour être réellement durable.
Par Yann Yorick Manfoumbi

























