Comme une flamme refusant de s’éteindre malgré le vent contraire, Haresse Kengue a résisté, tenu bon et, au bout de la nuit, conquis sa place. Exclue dans un premier temps de la liste des élections locales du 6ᵉ arrondissement de Libreville, la jeune candidate a transformé l’obstacle en tremplin, l’humiliation en victoire.
Tout a commencé par une incompréhension : vendredi, alors qu’elle s’attendait à voir son nom inscrit, elle découvre une absence lourde de sens. Un mur semblait se dresser devant elle. Mais au lieu de céder, elle a serré les poings. « Depuis deux jours, on me promenait avec des raisons contradictoires. Tantôt un dossier incomplet, tantôt des attestations manquantes. Pourtant, tout avait été validé », confie-t-elle. Pour Haresse Kengue, il ne s’agissait plus seulement d’un nom sur une liste, mais d’un combat pour la dignité et la vérité.
Elle a donc choisi le terrain de l’endurance : passer la nuit, aux côtés de ses colistiers, au ministère de l’Intérieur. Là où d’autres auraient baissé la garde, elle a planté son drapeau de persévérance. Cette veillée tenace a eu des allures de siège pacifique : attendre, insister, ne pas fléchir tant que justice ne serait pas rendue.
À l’aube, le verrou a sauté. Le nom de Haresse Kengue est apparu sur la liste officielle, comme une étincelle au bout du tunnel. Victoire d’une nuit, mais surtout symbole d’une détermination inébranlable. « Je me sens plus forte, plus prête. Ce n’est qu’un premier round », affirme-t-elle, le regard déjà tourné vers la suite.
Cependant, la candidate ne cache pas son amertume face à ce qu’elle qualifie de mépris : « On m’a fait attendre, on a tenté de m’écarter, alors même que mon dossier avait été validé. » Pour elle, cet épisode révèle la nécessité d’un système plus humain, d’agents formés à écouter et respecter les citoyens.
Mais loin d’être une blessure, cette expérience devient pour elle une armure. Elle appelle ses partisans à rester debout, à se préparer à la véritable bataille : celle du terrain, de la rencontre avec les habitants du 6ᵉ arrondissement. « Nous avons gagné une manche. La guerre des idées, elle, commence maintenant », lance-t-elle.
En attendant l’ouverture officielle de la campagne, Haresse Kengue savoure ce succès arraché de haute lutte. Comme un soldat qui vient de franchir sa première ligne ennemie, elle sait que la route est longue, mais elle avance, invincible, guidée par une seule conviction : le 6ᵉ arrondissement mérite mieux.


























