Le rideau s’apprête à tomber sur la présence d’Ernst & Young (EY) en Afrique francophone subsaharienne. Après le départ de PwC, c’est au tour de ce géant du conseil et de l’audit de plier bagage, annonçant la fin d’un chapitre… et l’ouverture d’un autre, riche en promesses pour les acteurs locaux.
Selon des sources crédibles, les bureaux d’EY implantés au Cameroun, au Congo, en Côte d’Ivoire, en RDC, au Gabon, en Guinée, au Sénégal et au Tchad, sortiront du réseau mondial à compter du 30 avril 2026. Cette séparation, issue d’un accord à l’amiable, permettra à ces entités de former un réseau panafricain de cabinets d’audit et de conseil. Une transition stratégique aux allures de mue continentale.
À l’origine de ce retrait, une vaste opération de restructuration interne : Ernst & Young reconfigure sa gouvernance en réduisant ses zones opérationnelles de 18 à 10 régions. L’objectif annoncé est clair : alléger sa structure, renforcer la qualité des services et consolider sa conformité aux standards internationaux. Une manœuvre qui, tout en recentrant la firme sur des territoires jugés prioritaires, laisse entrevoir un espace vierge dans des économies francophones en pleine expansion.
Jusqu’à la date effective du départ, les clients continueront d’être accompagnés par les bureaux actuels, toujours affiliés à Ernst & Young. Mais à l’horizon, une nouvelle ère s’annonce, portée par une alliance régionale appelée à conjuguer expertise locale et ambition panafricaine.
Loin de créer un vide, ce retrait pourrait en réalité catalyser l’émergence de nouveaux champions africains du conseil. Ce repli est une porte entrouverte pour les cabinets locaux, souvent relégués à l’arrière-plan, qui disposent pourtant d’une connaissance fine des réalités économiques et culturelles du continent.
La fin de la tutelle internationale pour ces bureaux sonne comme une invitation à l’audace. Les écosystèmes entrepreneuriaux africains en pleine mutation, notamment dans la finance, le numérique ou encore les énergies renouvelables, offrent un terrain de jeu fertile pour des structures agiles, enracinées dans le tissu local, et aptes à répondre à des besoins sur mesure.
Ce départ n’est donc pas une fin. C’est une promesse. Celle d’un continent qui prend son destin économique en main, cabinet après cabinet, projet après projet.

























