L’image d’Angélique Ngoma, figure connue du Parti Démocratique Gabonais (PDG), trônant devant les armoiries de la République pour déclarer le soutien de son parti à l’État dans une opération de déguerpissement, cristallise à elle seule le désarroi politique d’un système en ruine qui refuse de disparaître dignement.
Après plus d’un demi-siècle de règne sans partage, marqué par un affaissement méthodique des institutions, un effondrement de la gestion publique et une impunité organisée, le PDG continue de vouloir exister à tout prix. Mais il n’a plus ni voix crédible, ni boussole morale. Alors, dans un réflexe pathétique, il s’accroche à ce qu’il peut : une opération brutale de déguerpissement, menée dans la confusion la plus totale, pour tenter de donner l’illusion d’un ancrage encore possible dans les affaires de l’État.
Mais quelle ironie tragique ! Car cette même opération révèle, une fois de plus, l’incurie administrative que ce parti a lui-même installée. Des archives foncières introuvables, des habitants expulsés sans titre mais aussi sans recours, un ministère de l’Urbanisme dépassé par les faits – et en toile de fond, un État qui improvise. Et voilà que le PDG, responsable de décennies de gestion opaque, de clientélisme et de désordre foncier, ose aujourd’hui se présenter en partenaire loyal de cette machine devenue sourde et brutale.
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Le nom d’Angélique Ngoma n’est pas anodin. C’est une personnalité qui a traversé les régimes, bénéficié des postes, et contribué à cette longévité toxique du système PDG. Sa sortie publique n’est donc pas une déclaration d’engagement politique : c’est une manœuvre de survie. Elle n’a rien à dire, alors elle s’aligne sur la dernière action gouvernementale, aussi controversée soit-elle. Peu importe les familles détruites, les enfants jetés à la rue, les injustices flagrantes. L’essentiel, pour elle et son parti, c’est d’exister encore dans l’image.
Mais cette posture mérite d’être fermement condamnée. Le rôle d’un parti politique n’est pas de soutenir mécaniquement chaque geste de l’État par pur opportunisme. C’est d’apporter de la nuance, de faire entendre la voix des sans-voix, de proposer des solutions durables. Or, le PDG reste fidèle à lui-même : muet quand il faut parler, docile quand il faut s’indigner.
Le peuple gabonais n’est pas dupe. Il voit bien que ce soutien du PDG n’est pas un acte de conviction, mais un cri d’agonie. Le parti tente de se glisser dans l’ombre d’un pouvoir qu’il ne contrôle plus, comme pour rappeler qu’il est toujours là, tapi dans les couloirs, prêt à ressurgir. Mais les temps ont changé. L’histoire a tourné la page. Ceux qui ont vidé les archives, vendu les terrains à la découpe, légalisé l’informel, ne peuvent pas aujourd’hui se draper dans les habits de l’ordre.
Ce que le Gabon attend aujourd’hui, ce ne sont pas des alliances de façade, mais un véritable renouvellement moral et politique. Et cela commence par le silence de ceux qui ont échoué. Le PDG et ses représentants, comme Angélique Ngoma, gagneraient en décence à se retirer du débat, à demander pardon, à laisser place à une nouvelle génération de leaders sincères, transparents, et engagés pour l’intérêt collectif.
À défaut, leurs prises de parole continueront d’agir comme un miroir de leur propre vide, un aveu de faillite, et une insulte à l’intelligence des Gabonais.
Par Darlyck Ornel Angwe, journaliste stagiaire


























