Depuis l’avènement de la Ve République, marquée par l’investiture du nouveau Président de la République, Chef de l’État, Chef du gouvernement, une succession d’événements ayant un dénominateur commun jalonnent notre société : l’archivage.
En effet, dans le cadre sanitaire, jamais des documents n’ont été présentés justifiant l’exfiltration d’une famille se coulant un exil doré en Angleterre (cf. GabonReview).
Dans le cadre historique, l’incapacité notoire à brandir des documents originaux de l’appartenance de l’île Mbanié a fragilisé notre crédibilité diplomatique à la face du monde.
Et dans le cadre financier, en vue d’un souci de développement et de transformation de notre belle capitale, l’impossibilité de nos autorités gouvernementales à brandir les états financiers et listes des personnes indemnisées justifiant un déguerpissement sauvage et brutal, occasionnant une crise sociale, vient renforcer le clou de notre amateurisme dans la gestion de nos archives privées, publiques et institutionnelles.
Les archives comme fait social
La sociologue Mathilde Sergent-Mirebault (2022), Archives et engagements,
La Gazette des archives, Paris, pp. 149-156,
explique que la sociologie de l’archivage « étudie le rôle social des archives, c’est-à-dire comment les archives sont produites, utilisées, conservées, et ce qu’elles révèlent sur les structures, les processus et les interactions sociales ».
En bref, il s’agit de comprendre comment les archives interagissent avec la société et comment elles peuvent être utilisées pour étudier le passé et le présent.
Conséquences de l’absence de la pratique de l’archivage
En d’autres termes, l’absence de présentation des documents médicaux justifiant l’exfiltration de la famille se pavanant à Londres fragilise notre justice, créant une crise de confiance entre les populations et cette instance judiciaire. Cette justice semble être aux ordres, corrompue et inégalitaire.
L’absence du document original de la propriété de l’île Mbanié renforce davantage une crise historique et territoriale des peuples pouvant aller à des rapports conflictuels.
Et l’absence des états financiers justifiant le déguerpissement brutal des populations provoque une crise sociale : des familles sans abris, l’instabilité psychologique des élèves aux examens, les exposant à l’échec scolaire.
Urgence à une politique d’archivage
Sous l’angle définitionnel de l’UNESCO, les archives sont comme une source importante de connaissances, de mémoire collective et d’outils pour une gouvernance responsable.
L’absence des archives a révélé au monde que le Gabon est un géant aux pieds d’argile.
Mais que faire pour que ce géant se réveille enfin administrativement ?
La revalorisation des métiers de documentalistes et archivistes formés à l’ENS chaque année, se retrouvant dans des CDI obsolètes, quand certains se voient obligés de retourner à la craie.
Renforcement d’une gestion hybride de l’archivage (physique et surtout numérique).
Une opération spéciale de recrutement et redéploiement des documentalistes et archivistes dans chaque ministère du gouvernement, dans chaque institution, et dans chaque mairie… etc. Il y a une urgence nationale car trop d’archives non numérisées jonchent les couloirs des bâtiments administratifs.
Dans chaque ministère et institution, construction ou aménagement
des pièces d’archives sécurisées avec des accès limités ;
des pièces d’archives protégées : des intempéries, de la moisissure, des machines avec des mises à jour, achat des logiciels spécifiques à l’archivage et la documentation ;
réhabilitation d’un nouveau siège des Archives nationales.
Enfin, dans la Bible, les livres des Chroniques étaient considérés comme des archives royales. Dans l’Ancien Testament, l’archiviste était un fonctionnaire royal chargé de conserver les documents officiels et les archives du royaume. Ces archives étaient importantes pour la gestion du royaume, la législation et la transmission de l’histoire royale.
Puisse Dieu
Bénir le Gabon,
Puisse Dieu remplir de sagesse et d’empathie nos autorités.
Puisse Dieu soutenir des familles durement éprouvées.
Rev. Prophète
Max Alexandre NGOUA
Sociologue
Commandeur dans l’ordre national du Mérite
Aumônier international et juge de Paix
Coordinateur général de l’Observatoire Chrétien pour la Paix.


























