Le Gabon entre dans une phase décisive de sa transition politique. Le 22 janvier 2025, le décret officialisant l’élection présidentielle pour le 1er tour au 12 avril 2025 a été adopté lors d’un Conseil des ministres dirigé par le général Brice Clotaire Oligui Nguema, président de la Transition. Cette annonce marque une étape majeure dans le processus amorcé après la destitution d’Ali Bongo Ondimba, survenue le 30 août 2023.
Dès les premières heures de la transition, le Comité pour la Transition et la Restauration des Institutions (CTRI), en collaboration avec un gouvernement civil, s’était engagé à restaurer l’ordre constitutionnel. Toutefois, la décision d’organiser ce scrutin anticipé, en pleine année scolaire, constitue une première dans l’histoire politique du Gabon.
L’adoption d’un nouveau Code électoral, le 20 janvier dernier, a été un élément clé dans cette avancée. Ce texte permet désormais aux militaires et magistrats de se présenter aux fonctions électives, une réforme qui semble taillée sur mesure pour ouvrir la voie à la candidature de l’actuel président de transition. En effet, depuis quelques jours, les appels à sa participation à la présidentielle se multiplient, renforçant l’hypothèse de son engagement dans la course électorale.
Un processus accéléré pour un scrutin crucial
L’avancée du calendrier électoral, initialement perçu comme une rumeur persistante, a pris de nombreux observateurs par surprise. La nouvelle date, inscrite dans un décret préparé par le ministère de l’Intérieur et de la Sécurité, place les Gabonais devant un défi logistique et politique d’envergure. Prévu pour un samedi, le vote se tiendra de 7 h à 18 h, sur l’ensemble du territoire national ainsi que dans les représentations diplomatiques à l’étranger.
La proximité de cette échéance électorale impose à l’ensemble des acteurs politiques une réorganisation rapide. Les opposants au régime de transition, qui dénoncent parfois une concentration excessive du pouvoir entre les mains du général Oligui Nguema, doivent désormais définir des stratégies efficaces pour capter l’attention des électeurs.
Une transition politique sous tension
L’organisation d’une élection présidentielle dans un contexte de transition suscite des interrogations. Bien que la transition menée depuis 2023 ait permis de stabiliser la situation institutionnelle, des doutes persistent quant à l’équité et la transparence de ce scrutin avancé. Par ailleurs, la réforme du Code électoral, qui semble favoriser certains acteurs proches du pouvoir, nourrit les débats au sein de la société civile.
Cependant, cette décision pourrait également constituer une opportunité pour le Gabon de tourner la page des incertitudes politiques et de redéfinir les bases de sa gouvernance. Alors que le compte à rebours est lancé, les citoyens, désormais fixés sur cette échéance capitale, devront trancher en faveur d’un projet capable de garantir la stabilité et le développement du pays.
L’élection présidentielle du 12 avril 2025 s’annonce ainsi comme un tournant décisif dans l’histoire contemporaine du Gabon, où chaque acteur politique devra jouer ses cartes avec précision pour convaincre le peuple souverain.


























