Depuis le 20 novembre 2024, Hervé Patrick Opiangah (HPO), ancien ministre des Mines et homme d’affaires influent, demeure introuvable. Jeune Afrique dévoile de nouvelles révélations au cœur d’une affaire où s’entrelacent accusations de violences sexuelles, querelles familiales et suspicions de complot d’État.
Une fuite précipitée et des accusations accablantes
Le jour même de sa convocation à la Direction des affaires criminelles, Hervé Patrick Opiangah ne se présente pas. Ses domiciles sont perquisitionnés, des biens saisis, et plusieurs membres de sa famille interpellés. Le document judiciaire, consulté par Jeune Afrique, avertissait pourtant : « Le refus de déférer expose à des poursuites judiciaires. »
Dans une vidéo partagée sur les réseaux sociaux, Hervé Patrick Opiangah dénonce une « machination » contre lui et rejette les accusations de viol et d’inceste portées par sa fille adoptive, Élisabeth Meghe Opiangah. Un proche confie à Jeune Afrique : « Au regard du déferlement de violence, il a conclu que sa sécurité n’était plus garantie et qu’il devait fuir. »
Accusations familiales et contexte judiciaire
Élisabeth, fille adoptive d’HPO, travaille pour la holding familiale depuis plus d’une décennie. La mère de cette dernière, Lucie Biloghe, a nié tout comportement incestueux dans un procès-verbal obtenu par Jeune Afrique. Pourtant, en novembre, deux plaintes sont déposées contre Hervé Patrick Opiangah : l’une par Roland Obame, père biologique d’Élisabeth, qui évoque des « violences sexuelles », et l’autre, retirée par Lucie Biloghe.
En 2022, Élisabeth avait déjà réfuté de telles accusations sous sommation interpellative. Pourtant, la réouverture du dossier relance les tensions, tandis que les motivations derrière ces allégations restent floues.
Réunion secrète aux Charbonnages : un complot révélé
Une pièce maîtresse de l’affaire réside dans une réunion informelle qui se serait tenue dans le quartier des Charbonnages, à Libreville. Selon les déclarations de Fayette Tchitembot, ancien aide de camp de Hervé Patrick Opiangah , cette rencontre aurait rassemblé plusieurs ministres et dignitaires de la transition.
D’après le procès-verbal, obtenu par Jeune Afrique, ces personnalités auraient discuté de stratégies visant à discréditer HPO, allant jusqu’à impliquer sa fille adoptive dans des accusations montées de toutes pièces. « Il fallait faire pression sur Élisabeth pour qu’elle puisse me détruire », affirme Hervé Patrick Opiangah dans une déclaration de deux pages, citant le rôle supposé de Brice Clotaire Oligui Nguema dans ce complot.
Tchitembot précise également avoir été approché par Stéphane Zeng et Cheikh Kotho, un agent des services spéciaux, qui cherchaient à collecter des informations sensibles sur HPO. Ces déclarations renforcent les soupçons d’un complot orchestré pour affaiblir l’ancien ministre.
Un imbroglio politique et judiciaire
L’affaire Hervé Patrick Opiangah mêle tensions politiques, drames familiaux et luttes d’influence au sommet de l’État gabonais. Entre les accusations de viol, les perquisitions musclées et la fuite d’un homme qui se dit victime de « machinations », ce dossier révèle des fractures au sein de la transition.
À Libreville, l’énigme s’épaissit : où est HPO ? Pourquoi cette réunion secrète aux Charbonnages a-t-elle eu lieu ? Autant de questions qui laissent entrevoir des ramifications bien au-delà du simple cadre judiciaire.


























