Les organisations des entreprises de presse privée du Gabon, notamment l’Opam, le CPPPL, l’UPPIG, l’UGPS et le RENAJI, ont publié une déclaration conjointe ce 28 décembre 2024 pour interpeller les autorités sur la gestion de la subvention de l ‘État destiné à la presse écrite et en ligne. Dans un communiqué délivré au ministère de la Communication et des Médias, ces organisations dénoncent les pratiques jugées incohérentes et discriminatoires entourant l’octroi de cette aide essentielle.
Dans leur déclaration, les organisations saluent « très sincèrement le Président de la transition, le général Brice Clotaire Oligui Nguema », pour son implication personnelle dans la revalorisation de cette subvention. Selon elles, ce soutien financier, multiplié par quatre, marque un tournant après des années de stagnation sous le régime précédent, où il avait été réduit à 127 millions de francs CFA. Cependant, elles regrettent que « des critères nouveaux et injustifiés surgissent chaque année », complexifiant le processus d’obtention de cette subvention d’aide.
Des critères jugés contradictoires
Les critiques portent notamment sur l’exigence de documents administratifs spécifiques. Les organisations s’interrogent : « Une administration peut-elle exiger un document qu’elle n’a jamais délivré ? » En effet, la carte de presse, requise dans le cadre de la demande de subvention, n’a pas été émise depuis la mise en place du gouvernement de transition. De plus, elles dénoncent le paradoxe entre l’accréditation des entreprises de presse pour des événements officiels, sur la base de leurs documents de création, et les nouveaux critères imposés pour bénéficier de la subvention.
Liberté de la presse en danger ?
La suspension de certains journaux par la Haute Autorité de la Communication (HAC) est également un point sensible. Les organisations soulignent que « sanctionner une publication ayant déjà purgé sa peine constitue une double sanction et une atteinte grave à la liberté de la presse ». Elles rappellent la volonté affichée du Président de la République de « restaurer la dignité de la presse gabonaise » et jugent ces pratiques contraires à cet objectif.
L’urgence d’une action rapide
La lenteur administrative est une autre difficulté majeure. Selon le communiqué de ces organisations de la presse privée du Gabon, « la subvention est déjà disponible au Trésor public et ne nécessite que les relevés bancaires des bénéficiaires ». Pourtant, le ministère prévoit un délai de dix jours pour le dépôt des dossiers, suivi d’une commission d’attribution qui risque de rallonger encore le processus. « C’est trop long pour une aide attendue depuis plusieurs mois », déplorent-elles.
Appel à l’arbitrage présidentiel
Les organisations concluent en exhortant le chef de l’État à intervenir directement. Elles insistent sur l’urgence de décaisser les fonds et de bannir les pratiques dilatoires. « Cette subvention appartient exclusivement aux entreprises de presse. Aucune autre entité ne doit en bénéficier sous forme de per diem », avertissent-elles.
En revendiquant un traitement et une gestion transparente, les patrons de presse privée réaffirment leur engagement équitable pour une presse libre et indépendante, indispensable à la restauration des institutions gabonaises.








































