Les tensions entre le ministère de l’Agriculture et les syndicats des fonctionnaires, en particulier le Syndicat national des personnels agricoles (Synpa), ont atteint leur paroxysme après des déclarations jugées offensantes à l’encontre du président de la Transition, Brice Clotaire Oligui Nguema. Ces propos, diffusés sur les réseaux sociaux, ont rapidement provoqué une réaction de l’administration, qui a décidé de prendre des sanctions comme la privation de salaire pour son président.
Lors d’une réunion du 17 septembre 2024, présidée par le ministre de l’Agriculture Jonathan Ignoumba, les syndicats ont été sommés de se conformer à leur devoir d’agents publics avant toute revendication syndicale. Une mise au point soulignée par Serge Rufin Okana, Secrétaire général du ministère, qui a insisté sur le respect de la hiérarchie et des règles administratives. Toutefois, cette rencontre a dégénéré en un affrontement ouvert, les autorités faisant montre d’une fermeté extrême.
Jonathan Ignoumba a profité de cette occasion pour annoncer des réformes contestées, notamment la mise sous bons de caisse de tous les agents à partir du 25 octobre 2024. Cette décision, qui devrait permettre de distinguer les fonctionnaires actifs des absents chroniques, est perçue par beaucoup comme un instrument de pression supplémentaire visant à affaiblir les forces syndicales. L’exigence de posséder une carte professionnelle pour chaque agent a aussi été introduite, renforçant ainsi le contrôle de l’État sur ses employés.
La mesure la plus radicale reste néanmoins la suspension immédiate du Synpa, accompagnée d’une privation de salaire de six mois pour son président, en raison de ses propos jugés inacceptables envers le chef de l’État. Cette sanction, plutôt que d’apaiser les tensions, traduit une répression implacable de toute forme de critique.
Le gouvernement semble privilégier une politique de musellement des syndicats, au détriment d’un dialogue social constructif.
Ce tour de vis, perçu comme une dérive autoritaire, met en lumière les tensions croissantes entre le pouvoir et les forces syndicales sous le régime de transition. La répression systématique des voix discordantes révèle une stratégie de contrôle, où l’autorité prend le pas sur les droits syndicaux, créant ainsi un climat de peur et d’injustice. Ce faisant, l’administration étouffe toute forme de contestation et affaiblit le socle même du dialogue social.


























