Depuis quelques jours, la capitale gabonaise, Libreville, subit des délestages récurrents, plongeant ses habitants dans l’incertitude. Cette situation résulte d’une décision drastique prise par la société britannique Aggreko, partenaire stratégique de la Société d’Eau et d’Énergie du Gabon (SEEG). Le 12 août dernier, Aggreko a réduit la puissance de la centrale qu’elle exploite, passant de 25 MW à un niveau bien inférieur, en réponse à l’impayé de la SEEG qui atteint désormais des proportions alarmantes.
Près de 15 milliards de dettes vis-à-vis d’AGGREKO
C’est notamment le cas auprès du groupe britannique AGGREKO, spécialiste dans la production d’énergie et fournissant près de 30% de l’électricité sur le Grand Libreville qui menacerait de suspendre ses services du fait du non-paiement d’une dette due par la SEEG. En effet, dans une correspondance du directeur général Afrique, Moyen Orient et Asie du groupe Matt Parker et le directeur commercial Franck Reinle interpellent le directeur général de la SEEG Joël Lehman Sandoungout sur la nécessité de procéder au paiement d’une dette qui s’élève à ce jour à 22,9 millions d’Euros soit près de 15 milliards de FCFA.
Il faut souligner que ce courrier fait suite non seulement aux assurances données par le premier ministre de la Transition Raymond Ndong Sima le 24 janvier 2024 sur le paiement effective de la dette, mais aussi à de multiples relances faites auprès de la Direction générale de la Société d’energie et d’eau du Gabon, qui seraient restées lettre morte. D’ailleurs face au statu quo, AGGREKO aurait décidé de recourir à des mesures contraignantes. « A la suite de notre correspondance du 26 juillet 2024 à laquelle la SEEG nous a répondu le 5 août 2024 sans nous propose ni un paiement immédiat, ni un échéancier de paiement, AGGREKO a réduit le mercredi 7 août 2024 la puissance de la centrale de 25MW en se fondant sur l’article 7.12 du Contrat », peut-on lire dans la correspondance.
Pis, faute de paiement de cette dette par la Société d’énergie et d’eau du Gabon, l’entreprise britannique a informé de l’éventualité dès le 21 août prochain de « l’arrêt complet de sa centrale ». Toute chose qui aurait pour conséquence une suspension pure et simple d’une grande partie de la fourniture en électricité du Grand Libreville. A noter que si cette problématique aurait bel et bien été abordée lors du Conseil d’administration qui s’est tenu le 14 août dernier, aucune communication n’est venue apporter des éclaircissements sur cette question majeure.

























